
Le combat contre la maladie à virus Ebola a franchi une étape majeure à Kisangani ce jeudi 27 août 2026. Réunis dans l’enceinte de l’Hôpital Général de Référence de la Makiso, le ministre national de la Santé, le Dr Samuel-Roger Kamba, a officialisé le coup d’envoi d’une campagne de vaccination ciblée. Devant le personnel soignant, les députés provinciaux, le président de l’Assemblée provinciale et les partenaires stratégiques du système de santé, l’événement a scellé l’union entre rigueur administrative et riposte scientifique.
La province de la Tshopo fait face à un défi sanitaire de taille avec 17 cas positifs recensés et 8 décès à déplorer depuis l’apparition du premier cas le 28 juin dernier. L’épidémie touche à ce jour 7 zones de santé sur 23 et 14 aires de santé sur les 440 que compte la région.
Dans son allocution d’ouverture, le gouverneur Paulin Lendongolia a dressé un bilan sans détour de la situation tout en réaffirmant la solidarité de la province envers les familles touchées. Il a rappelé la série d’actes juridiques et de dispositions réglementaires strictes promulgués par l’exécutif provincial pour freiner la circulation du virus.
L’exécutif a d’abord pris un arrêté interdisant l’entrée des corps sans vie en provenance des zones affectées tout en renforçant la surveillance sanitaire aux points d’accès de la province. À cela s’ajoute l’instauration obligatoire du respect des mesures barrières et du contrôle de l’infection sur toute l’étendue du territoire provincial.


Sur le plan organisationnel, les autorités ont créé la Cellule provinciale de veille Ebola, une structure stratégique chargée de piloter le suivi et d’assurer l’alerte précoce face aux menaces d’extension. Enfin, un arrêté portant interdiction provisoire des rassemblements de masse a été pris afin de limiter au maximum les risques de propagation au sein des communautés.
Tout en saluant la remise par le gouvernement central de trois ambulances venues renforcer la logistique de terrain, le gouverneur a rappelé que ces décisions administratives devaient impérativement s’adosser à un bouclier médical de pointe pour protéger la population et les équipes de première ligne.
Prenant la parole à son tour, le ministre de la Santé Samuel-Roger Kamba a remis l’épidémie actuelle, la 17ᵉ que traverse le pays dans son contexte scientifique et national. Face à la souche Bundibugyo, dont l’impact au niveau national s’élève à plus de 5 000 malades et 2 300 décès à travers 58 zones de santé et plusieurs provinces touchées, le ministre a appelé à réajuster la stratégie sur la base des connaissances médicales les plus récentes.


Le gouvernement de la République, sous la coordination du Président Félix Antoine Tshisekedi à la tête de la Task Force et sous l’impulsion de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, a fait le choix de devancer l’aide internationale en déployant d’emblée des ressources matérielles et financières.
Concernant la réponse vaccinale, les autorités ont misé sur l’utilisation stratégique du vaccin Ervebo. Bien que conçu initialement contre la souche Zaire, les données de terrain et d’analyses biologiques suggèrent l’existence d’une protection croisée face au virus Bundibugyo, les personnes vaccinées n’ayant développé aucune forme sévère ni déploré de décès.
La stratégie prévoit ainsi un déploiement en ceinture grâce aux 50 000 doses déjà réceptionnées, amorçant les injections par les provinces limitrophes pour encercler progressivement le foyer principal situé en Ituri.
Au cœur de cette opération, la protection prioritaire des soignants constitue un impératif absolu. Le ministre a exhorté vivement le personnel médical à se faire vacciner afin de se protéger contre les erreurs inhérentes à la fatigue du terrain et d’éviter ainsi de propager le virus dans la communauté.
Enfin, la Tshopo se distingue par le succès du traitement préventif au Remdesivir. À Kisangani, les sujets contacts à très haut risque ayant reçu cette prise en charge thérapeutique n’ont pas développé la maladie, confirmant l’efficacité des protocoles d’urgence en cours.


Pour sceller la confiance et donner l’exemple, le ministre Samuel-Roger Kamba a procédé en personne à la vaccination d’un membre du personnel médical, donnant ainsi le signal de départ aux administrations de doses destinées aux équipes de première ligne.
Les deux autorités ont conclu la cérémonie en réitérant un appel solennel à la population de Kisangani et de toute la Tshopo : observer un lavage régulier des mains, signaler immédiatement tout symptôme suspect, refuser la stigmatisation des malades, et surtout, faire impérativement appel aux équipes spécialisées pour des enterrements dignes et sécurisés. En combinant la vigilance citoyenne, l’engagement des soignants et l’appui de la science, la Tshopo entend fermer définitivement la porte au virus.
Jerry Lombo
