
Le stadium hellénique de Kisangani a vibré, ce vendredi 15 mai 2026, au rythme saccadé des projections et des acclamations. Dans une atmosphère incandescente, l’Entente Urbaine de Judo de Kisangani (EUJKIS) a officiellement donné le coup d’envoi de son grand tournoi individuel. Une grand-messe des arts martiaux qui a mobilisé une foule en liesse, venue masser les gradins d’une enceinte sportive devenue trop petite pour l’occasion.
Pour cette première journée, le spectacle a été total, mêlant démonstrations de force, finesses tactiques et… un coup de théâtre final qui alimente déjà toutes les conversations dans les rues de la ville boyomaise.
Dès le début de l’après-midi, les amoureux du noble art de Jigoro Kano ont pris d’assaut le Stadium Hellénique, transformant le site en une véritable arène festive et compétitive. L’enjeu est de taille, et les chiffres témoignent de la vitalité du judo boyomais :
– 186 judokas sur la ligne de départ.
– 12 clubs phares de Kisangani représentés.
– 2 grandes catégories en lice : les Juniors (la relève de demain) et les Seniors (les maîtres du tatami).

Chez les seniors, pas de place au hasard. Les affrontements se déroulent dans le strict respect des catégories de poids de la fédération, garantissant des duels d’une équité parfaite et d’une intensité rare. Dès les premiers saluts (Rei), le ton était donné : les athlètes ont offert un festival de balayages, de clés de bras et de mouvements de hanche de haut niveau, déclenchant des salves d’applaudissements nourris dans le public.
Parmi les moments forts de cette journée inaugurale, la performance de Joël Mwela, affectueusement surnommé « Marocain », restera gravée dans les mémoires. Dans un combat tactique et irrespirable, Mwela a fait preuve d’une maturité impressionnante. Poussé dans ses derniers retranchements par un adversaire coriace, « Marocain » a su user de malice et de pression constante pour pousser son rival à la faute.


Résultats : deux pénalités (Shido) fatales enregistrées par son opposant, offrant à Mwela une victoire d’Anthony sous les ovations d’un public en délire.Mais le point d’orgue de la soirée, l’affiche vedette que tout Kisangani attendait, devait opposer le redoutable Franck Bambale du club Cobra au virevoltant Soldat Chouchou du club Kamikaze.
Dès le premier coup de sifflet, l’engagement physique a été total. Les deux fauves se jaugeaient, s’agrippaient avec une agressivité saine, promettant un dénouement d’anthologie. C’est alors que le destin ou plutôt un caprice technique s’en est mêlé. En plein cœur du duel, le stadium hellénique a été soudainement plongé dans le noir complet. Une panne d’électricité brutale qui a forcé les arbitres à interrompre le combat, laissant les spectateurs sur leur faim et les deux athlètes en plein suspense.
Au-delà des médailles et de la rivalité interclubs, ce tournoi individuel revêt une importance capitale pour l’avenir du sport de la province de la Tshopo. Pour les dirigeants de l’Entente Urbaine, l’objectif est double :
– Promouvoir et vulgariser la pratique du Judo auprès des jeunes de Kisangani.
– Détecter les perles rares et les nouveaux talents capables d’enfiler le kimono de la sélection urbaine pour défendre fièrement les couleurs de la ville lors des prochaines échéances provinciales et nationales.


Que les fans se rassurent, le show ne fait que commencer. La compétition reprend de plus belle ce samedi 16 mai 2026, non-stop de 10 heures à 18 heures, toujours au Stade Hellénique. Les organisateurs ont promis de régler les détails techniques et garantissent une pluie de combats de haute facture, avant la grande clôture officielle prévue ce dimanche.
Une chose est sûre : à Kisangani, le Judo a retrouvé ses lettres de noblesse, et personne ne veut manquer la suite de l’histoire.
Sylvain Kaita
