
C’est un coup de pied magistral dans la fourmilière de l’oubli et de l’impunité qui a été donné au Palais du Peuple. Lors de la plénière du Sénat du 14 mai 2026, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a choisi de déterrer l’un des dossiers les plus lourds, les plus complexes et les plus douloureux de l’histoire économique de la République Démocratique du Congo : la gestion des biens zaïrianisés.
Par la force de son verbe et la pertinence de son analyse, le sénateur a mis le gouvernement face à ses responsabilités économiques, juridiques et morales, prouvant une fois de plus que lorsqu’il s’agit de rigueur et de vision, « JBS » reste une véritable unité de mesure.Pour
Pour comprendre la portée de l’intervention de Jean Bamanisa Saïdi, il faut plonger dans les méandres de l’histoire. Lancée sous le régime de Mobutu Sese Seko, la politique de « zaïrianisation » se voulait une réappropriation nationale de l’économie.
En réalité, elle s’est transformée en un séisme économique dont les répliques se font sentir jusqu’à aujourd’hui. Des entreprises florissantes, des plantations, des commerces et des patrimoines immobiliers ont été arrachés à leurs propriétaires légitimes pour être confiés à des acquéreurs souvent dépourvus de compétences managériales.Soixante
Soixante ans ou presque après ces événements, le constat dressé par le sénateur est sans appel : les fantômes de cette époque hantent encore les couloirs des institutions, et le chaos d’hier sert aujourd’hui de paravent à de nouvelles dérives. Jean Bamanisa a vigoureusement dénoncé la persistance de la mauvaise gouvernance et les spoliations continues des biens publics qui découlent de ce flou artistique savamment entretenu.
“Quelle est la politique du gouvernement pour combattre la mauvaise gouvernance, les détournements et les spoliations des biens publics?”, a questionné Jean Bamanisa Saïdi. Cette question, brute et sans concession, résonne comme un réquisitoire contre l’inertie étatique face au pillage à ciel ouvert du patrimoine national.

L’un des points d’orgue de l’interpellation du Sénateur Jean Bamanisa réside dans sa fine compréhension des mécanismes institutionnels. Trop souvent, la gestion ou plutôt la mauvaise gestion des retombées et des contentieux de la zaïrianisation a été perçue comme le pré carré du seul ministère des Finances. Une erreur d’aiguillage que le sénateur a tenu à corriger avec force.
Jean Bamanisa a affirmé avec lucidité que « seul le ministère des Finances ne doit pas porter la responsabilité de cette grande prédation qu’est la zaïrianisation ».
Pour lui, le problème est systémique, tentaculaire, et requiert une approche transversale. Limiter la responsabilité aux seules Finances, c’est s’assurer que le problème ne sera jamais résolu, laissant la porte ouverte aux détournements et aux spoliations de complicités en complicités.
Les trois piliers de la thérapie Bamanisa : Pour tordre le cou à ce fléau, le sénateur ne s’est pas contenté de critiquer ; il a proposé une feuille de route claire et pragmatique en trois axes majeurs :
– La clôture définitive des comptes liés à cette gestion : Il est temps de faire l’état des lieux, de solder le passé et de fermer les vannes par lesquelles les fonds publics continuent de s’évaporer sous prétexte de compensations ou de gestions de litiges interminables.
– La modification de la loi : Les textes actuels, obsolètes ou lacunaires, servent de terreau fertile aux prédateurs immobiliers et financiers. Une refonte législative est indispensable pour verrouiller le domaine public.
– Une responsabilisation accrue d’autres ministères : Le patrimoine national n’est pas qu’une question de chiffres, c’est aussi et surtout une question de droit. Jean Bamanisa a plaidé pour une implication directe et rigoureuse d’autres portefeuilles, notamment celui de la Justice, qui doit monter au front pour assurer la protection stricte et sans faille du patrimoine public.
Au-delà du dossier technique des biens zaïrianisés, cette intervention remet en lumière la stature politique de son auteur. En abordant ce sujet hautement inflammable avec courage, précision technique et hauteur de vue, Jean Bamanisa Saïdi confirme son statut d’homme d’État d’exception.
Dans le paysage politique congolais, Jean Bamanisa Saïdi s’impose comme une véritable unité de mesure. Une unité de mesure de la rigueur face au laisser-aller, de l’exigence de redevabilité face à l’opacité, et de l’amour de la patrie face à la culture de la prédation.
En interpellant le gouvernement de la sorte, il ne fait pas que poser des questions : il dicte le standard de ce que doit être le contrôle parlementaire. Il reste maintenant à savoir si l’exécutif saura se hisser à la hauteur de cette unité de mesure pour enfin clore définitivement le chapitre sombre de la zaïrianisation et protéger ce qui appartient au peuple congolais.
Jerry Lombo
