
La plénière du jeudi 14 mai 2026 restera sans doute gravée comme un moment de vérité institutionnelle au Sénat de la République Démocratique du Congo. Face à la double question orale avec débat adressée au Ministre des Finances, la chambre haute du Parlement s’est transformée en un tribunal de la gouvernance territoriale. Et au milieu de cette arène politique, une voix a résonné avec une force et une clarté particulières : celle de l’Honorable Jean Bamanisa Saïdi.
Surnommé à juste titre le « Bulldozer de la bonne gouvernance », le sénateur de la Tshopo a livré un plaidoyer percutant, technique et sans concession en faveur de l’autonomie financière des provinces. Pour l’élu, il ne s’agit pas d’une simple revendication administrative, mais d’une urgence vitale pour la survie économique de la nation.
Au cœur de l’intervention de Jean Bamanisa se trouve un constat amer mais réaliste : asphyxier financièrement les provinces, c’est paralyser le pays tout entier. L’honorable sénateur a plaidé avec vigueur pour la régularité stricte des rétrocessions dues aux entités provinciales, aux institutions locales et aux Entités Territoriales Décentralisées (ETD).
« La régularité des rétrocessions permet de financer l’économie locale », a déclaré le sénateur Jean Bamanisa Saïdi.
Pour cet élu de la Tshopo, l’argent de l’État ne doit pas rester confiné dans les méandres des banques de la capitale. Lorsque Kinshasa retient les quotes-parts des provinces, c’est toute la chaîne de consommation locale qui s’effondre : les fonctionnaires ne sont plus payés à temps, les petits entrepreneurs locaux perdent leurs marchés, et les investissements de proximité s’arrêtent.En
En réclamant une régularité millimétrée, Jean Bamanisa rappelle une vérité économique fondamentale : « la richesse nationale se crée à la base, et non dans les salons feutrés des ministères kinois ».
Loin de se contenter d’une critique stérile, le sénateur Bamanisa, fidèle à sa réputation d’« unité de mesure » de la gestion publique, a apporté une solution concrète et pragmatique sur la table du gouvernement.
Il a formellement conseillé au Ministre des Finances de briser les silos administratifs en collaborant étroitement avec son collègue du Budget. La proposition phare du Sénateur Jean Bamanisa ? La mise en place d’une direction mixte interministérielle (Finances-Budget) dont la mission sera double et mensuelle :
– Évaluer de manière transparente les recettes réelles de l’État et les confronter aux besoins directeurs du budget voté.
– Allouer systématiquement et sans interférence politique aux provinces les quotités nécessaires à leur fonctionnement courant.
Cette approche mettrait fin au pilotage à vue et à la politique du bon vouloir centralisateur, en instaurant un mécanisme d’automatisme financier basé sur des données chiffrées et mensuelles.
L’autre grand cheval de bataille de Jean Bamanisa durant cette plénière a été l’épineux dossier de la Caisse Nationale de Péréquation (CNP). Conçue par les constituants pour corriger les inégalités de développement entre les provinces riches et les provinces moins nanties, cette caisse est aujourd’hui une coquille vide, un organe léthargique qui n’a jamais su répondre aux espoirs placés en lui.
Face à ce constat d’échec, le sénateur de la Tshopo a exprimé avec une détermination farouche sa volonté de voir cette disposition constitutionnelle être révisée. Pour cet élu des élus, il ne faut plus reculer devant les réformes structurelles. Il faut urgemment redessiner les contours juridiques et opérationnels de la CNP pour lui donner, enfin, une forme institutionnelle agile, pragmatique et capable de fonctionner efficacement sur le terrain. La solidarité nationale ne doit plus être un slogan, elle doit devenir une réalité budgétaire.
Dans une formule aussi savoureuse que tranchante, Jean Bamanisa a pointé du doigt un mal qui ronge l’efficacité de l’État congolais : le chevauchement des compétences et le complexe de supériorité de l’exécutif central.
« Les Ministres nationaux doivent éviter de se faire des concurrents des gouvernements provinciaux en faisant le travail à leur place », a poursuivi Jean Bamanisa Saïdi.
Le message est limpide : la RDC a opté pour la décentralisation. Par conséquent, les ministères nationaux doivent abandonner la gestion des micro-projets locaux (construction de marchés, gestion des voiries locales, etc.) qui relèvent constitutionnellement des gouverneurs et des assemblées provinciales. En voulant tout régenter depuis Kinshasa, le pouvoir central crée des doublons budgétaires, retarde l’exécution des travaux et décrédibilise les autorités locales. Les ministres nationaux doivent concevoir les grandes politiques sectorielles et laisser les provinces exécuter.
À travers cette sortie magistrale, Jean Bamanisa Saïdi a rappelé le rôle premier du Sénat : être le gardien vigilant des intérêts des provinces. En endossant une nouvelle fois son costume de « Bulldozer de la bonne gouvernance », il a tracé la feuille de route d’un Congo réellement décentralisé, où l’équité territoriale et la rigueur financière ne sont plus négociables.
Reste désormais à savoir si le Ministre des Finances et l’ensemble du gouvernement sauront traduire ces conseils d’expert en actes concrets pour le bien-être de nos populations de l’arrière-pays.
Jerry Lombo
