Tshopo : L’honorable Bernard Johnson Pilipili monte au créneau et exige la suspension des activités de Booming Green à Yahuma

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Le ton est monté d’un cran dans l’hémicycle provincial de la Tshopo. Alors que les enjeux de développement local sont au cœur des débats, l’honorable Jean Bernard Johnson Pilipili Alula, député provincial de la Tshopo, élu du territoire de Yahuma, a brisé le silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de dérive inacceptable. Dans une déclaration percutante, il a exigé la suspension immédiate des activités de la société forestière Booming Green.

Au-delà d’une simple dispute contractuelle, c’est un véritable procès contre une gestion jugée coloniale que le député dresse, mettant en lumière la souffrance des communautés de Yanduka, Mondimbi et Bokala.

Le cœur de la discorde réside dans le non-respect flagrant du cahier des charges. Ce document, censé être le socle de la collaboration entre l’exploitant et les populations locales, semble être devenu une simple formalité administrative pour Booming Green.

– Infrastructures promises non réalisées : Écoles, centres de santé et accès à l’eau potable restent, selon l’élu, des promesses de papier.

– Développement local au point mort : Alors que la forêt est exploitée, les groupements de Yanduka, Mondimbi et Bokala ne voient aucun retour tangible sur leur patrimoine naturel.

« On ne peut pas extraire les richesses de Yahuma en laissant la population dans une misère plus dure qu’avant l’arrivée de ces investisseurs », a martelé l’honorable Pilipili ».

L’aspect le plus sombre de ce dossier concerne le volet social. Le député provincial brosse un portrait alarmant des conditions de travail au sein de la société. Le non-respect de la législation sociale de la RDC est ici pointé du doigt avec une sévérité particulière :

– Traitements inhumains : Des travailleurs, majoritairement autochtones, seraient soumis à des cadences et des méthodes de gestion d’un autre âge.

– Salaires de misère et impayés : Des témoignages font état de salaires dérisoires, souvent bloqués pendant plusieurs mois, plongeant les familles des travailleurs dans une précarité extrême.

– Absence de Sécurité Sociale : Une violation flagrante du Code du travail congolais qui expose les ouvriers à tous les risques, sans protection aucune.

La tension a atteint son paroxysme suite à un incident violent survenu le 22 avril 2026. Un travailleur a été victime de violences physiques brutales, recevant des coups de bâton. Le choc est d’autant plus grand que ces actes auraient été perpétrés par des éléments des forces de l’ordre, censés sécuriser les installations, mais agissant ici comme une milice privée contre les employés.

Pour Bernard Johnson Pilipili, cet acte de barbarie est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il dénonce une instrumentalisation des forces républicaines pour museler les revendications légitimes des travailleurs.

Face à ce tableau sombre, l’élu de Yahuma n’attend plus de simples excuses. Il appelle solennellement l’autorité provinciale de la Tshopo à :

– Suspendre les activités de Booming Green jusqu’à nouvel ordre.

– Diligenter une enquête indépendante sur les violences physiques et les conditions de travail.

– Forcer au respect des engagements environnementaux et sociaux envers les communautés locales.

L’affaire Booming Green à Yahuma devient aujourd’hui le symbole de la lutte pour la dignité des communautés locales face à l’exploitation industrielle dans la Tshopo. L’honorable Bernard Johnson Pilipili Alula se pose en dernier rempart pour sa base électorale, exigeant que le profit ne se fasse plus au détriment du sang et de la sueur des Congolais.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernorat et de la justice. La paix sociale dans le territoire de Yahuma en dépend.

Jerry Lombo


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