
Ce lundi 27 avril 2026, les marches du Parquet Général près la Cour d’Appel de la Tshopo ont résonné d’un pas déterminé. Celui de l’honoroble Freddy Yuma, député provincial de la Tshopo, élu de la ville de Kisangani, mais surtout celui d’un représentant du peuple portant sur ses épaules la frustration de milliers de consommateurs. Entre inefficacité chronique et soupçons d’escroquerie, les opérateurs Vodacom, Airtel et Orange sont désormais dans le viseur de la justice.
Ce n’est pas un simple différend commercial, mais une véritable fronde sociale qui s’organise contre le triumvirat de la communication en République Démocratique du Congo.
L’élu de Kisangani, agissant en véritable bouclier pour sa circonscription, ne s’est pas contenté de simples remontrances sur les réseaux sociaux. C’est par un acte de procédure formel qu’il a décidé de confronter ces mastodontes.
« Je suis venu confirmer ma plainte contre les sociétés de communication Vodacom, Airtel et Orange qui ne font pas très bien leur travail ».
Ce n’est plus une rumeur de couloir, c’est une action judiciaire confirmée. La semaine dernière marquait l’introduction du dossier ; aujourd’hui, il a confirmé sa plainte.
Le constat dressé par l’honorable député est sans appel. Les reproches formulés à l’encontre de ces trois opérateurs s’articulent autour de trois manquements majeurs :
– Une inefficacité structurelle : Le service rendu est jugé défaillant, marqué par une instabilité chronique des réseaux qui entrave les communications les plus élémentaires.
– Une absence de réactivité : Le député déplore un manque flagrant de promptitude dans la résolution des problèmes techniques et dans la prise en charge des usagers.
– Une spoliation qui ne dit pas son nom : L’achat de crédits de communication et de forfaits internet ne débouche pas sur le service promis. Ce décalage entre la dépense consentie par le citoyen et la médiocrité du résultat final s’apparente, selon l’élu, à une forme d’escroquerie.
Si certains doutaient de la portée de cette action, les chiffres avancés donnent le tournis. Ce ne sont pas quelques individus isolés, mais une marée humaine de plus de 20 000 victimes qui se sont manifestées pour saisir leur représentant.
Pour l’honoroble Freddy Yuma, l’impact de ce mauvais service est universel et ne néglige aucune couche de la société. Les journalistes se voient empêchés de transmettre l’information en temps réel, tandis que les étudiants subissent un frein majeur dans leurs recherches académiques et leur accès au savoir. Plus frappant encore, les autorités judiciaires elles-mêmes celles-là mêmes qui sont appelées à traiter ce dossier figurent parmi les lésés, voyant leur travail administratif ralenti par ces carences technologiques. Pour le citoyen lambda, c’est une perte sèche de pouvoir d’achat et un risque d’isolement social aaccru.

L’enjeu de cette démarche au niveau de la Tshopo dépasse le simple cadre contractuel. C’est un appel à la responsabilité sociétale. Dans une province où chaque franc congolais compte, voir s’évaporer ses unités sans pouvoir passer un appel clair est perçu comme une injustice sociale majeure.
La réponse de l’élu de Kisangani est limpide : que la justice fasse son travail avec rigueur. L’objectif ultime n’est pas seulement de sanctionner, mais de remettre les consommateurs dans leurs droits.
L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Dans les rues de Kisangani et à travers toute la province, l’attente est immense. Car au-delà des unités et des mégas, c’est la dignité du peuple de la Tshopo qui est en jeu. Les géants de la télécommunication sont prévenus : la voix des sans-voix a enfin trouvé un écho dans les couloirs du Parquet.
Jerry Lombo
