Assemblée Nationale : Le député Patrick Matata dénonce le parachutage au PEJAB et exige la dignité pour les agripreneurs et producteurs locaux de Kisangani

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Lors du débat parlementaire consacré au Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) à la plénière du mercredi 21 octobre 2026, le député national élu de Kisangani a signé une intervention magistrale. En se dressant pour défendre les droits et le potentiel des agripreneurs de la Tshopo, il prouve qu’il incarne une génération de dirigeants visionnaires, rigoureux et engagés.

Revenant sur la question orale adressée au Ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, par la députée Hermione Bolumbe Bakando, Patrick Matata Makalamba n’a pas pratiqué la langue de bois. Avec une argumentation au scalpel, l’élu de Kisangani a pointé du doigt les anomalies d’un système de sélection qui marginalise la jeunesse boyomaise.

« Comment une telle ville peut-elle manquer des jeunes qui allaient être recrutés et bénéficier d’un financement afin de concourir aux objectifs de développement ? », s’est-il interrogé devant l’Hémicycle.

L’argument du Professeur Matata est imparable. La Tshopo est un géant agricole fort de ses terres arables et de son capital humain. Mieux encore, Kisangani est le cœur de la recherche agronomique congolaise avec des fleurons comme l’UNIKIS, l’IFA Yangambi, l’INERA et l’ISEA Bengamisa. Exclure cette pépinière de talents du PEJAB relève d’un non-sens stratégique.

« Lorsque vient le moment de sélectionner les jeunes, vous avez des jeunes qui n’ont aucune histoire, aucune résidence, aucune activité dans la province, qui se retrouvent sur la liste des bénéficiaires », a-t-il fustigé, dénonçant le parachutage de « bénéficiaires fantômes » au détriment des vrais acteurs du terrain.

Au-delà de la dénonciation, Patrick Matata a apporté la doctrine de la solution. En bon pédagogue, il a appelé le gouvernement à changer de paradigme dans l’attribution des fonds publics.

Pour l’élu boyomais, l’argent de l’État ne doit plus servir d’expérimentation à des projets fictifs. La clé du succès réside dans l’appui aux acteurs aguerris en investissant prioritairement dans les jeunes et les producteurs locaux déjà actifs sur le terrain. Cette approche permet de consolider les entreprises existantes, d’agrandir leur échelle de production, de créer des emplois durables et d’aligner les projets nationaux sur les Objectifs de Développement Durable (ODD).

L’un des moments les plus forts de sa plaidoirie reste la défense passionnée des agri-multiplicateurs de semences nationaux. Relevant une injustice poignante, le Professeur Patrick Matata a mis à nu les contradictions de la gestion agricole.

« Il est inconcevable que lorsqu’il s’agit de prendre les semences à l’extérieur, on paie comptant, quand il s’agit de nos agri-multiplicateurs, on ne les paie que deux ou trois années plus tard », s’est-il indigné.

En brisant le silence sur cette discrimination financière qui asphyxie les producteurs locaux, Patrick Matata se pose en garant de la dignité du paysan et du chercheur congolais. Pourquoi favoriser l’importation à coup de millions de dollars comptants tout en condamnant les producteurs de la Tshopo à la faillite par des retards de paiement abusifs ?Hauteur de vue et courtoisie républicaine

Si le Professeur Patrick Matata Makalamba sait être incisif, il demeure un homme d’État mesuré. Saluant l’initiative de sa collègue Hermione Bolumbe Bakando, il a fait preuve d’honnêteté intellectuelle à l’égard du Ministre d’État Muhindo Nzangi, reconnaissant que ce dernier a hérité d’un projet déjà engagé.

Pourtant, le passé doit éclairer l’avenir. C’est pourquoi il a préconisé la création d’une commission d’évaluation du PEJAB afin de tirer les leçons des faiblesses de gestion. Sa recommandation finale scelle sa philosophie : bâtir une synergie indéfectible entre le Ministère de l’Agriculture, la recherche scientifique et les structures d’encadrement rural.

À travers cette prise de parole, le Professeur Patrick Matata Makalamba confirme qu’il est la conscience et le catalyseur des espoirs de la Tshopo. Sa maîtrise des dossiers, sa loyauté envers ses électeurs et sa capacité à transformer un débat politique en un cours de gouvernance publique font de lui un acteur incontournable du renouveau congolais.

En exigeant que la jeunesse de Kisangani soit remise au centre des opportunités nationales, le Professeur Matata redonne de la fierté à toute une province. La Tshopo a trouvé un défenseur à la hauteur de ses ambitions.

Jerry Lombo


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