Tshopo, terre de cacao en quête de la délivrance ? : Entre le poison de la surtaxation, le calvaire de la RN4 et l’étincelle d’un partenariat bancaire pour libérer la production locale

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À l’issue de l’atelier consacré à la redynamisation de la filière cacao, organisé par l’Etablissement Dokas, le constat dressé par les acteurs du secteur offre un portrait sans concession de cette culture d’avenir dans la province de la Tshopo. Entre contraintes administratives, défis logistiques et opportunités géostratégiques d’exception, Dominique Kasimba, Directeur Général de l’Établissement DOKAS, livre une analyse lucide des forces et faiblesses qui conditionnent l’essor du cacao local.

Si la Tshopo attise la convoitise des professionnels du secteur, c’est avant tout en raison de son emplacement géographique remarquable. Au cœur de la République Démocratique du Congo, la province bénéficie d’un atout rare : une double voie d’évacuation de sa production.

– L’axe fluvial : Le fleuve Congo offre un corridor naturel permettant d’acheminer les fèves jusqu’aux ports atlantiques de Boma et de Matadi.

– L’axe terrestre (RN4) : La Route Nationale 4 ouvre une fenêtre stratégique vers l’Afrique de l’Est, permettant de connecter la Tshopo aux grands ports internationaux de Mombasa (Kenya) et de Dar-es-Salaam (Tanzanie).

Cette dualité logistique constitue un levier commercial majeur pour désenclaver les bassins de production et positionner le cacao congolais sur les marchés mondiaux.

Le goulet d’étranglement : Fiscalité, finance et infrastructures

Malgré ces atouts naturels, l’envolée de la filière se heurte à des freins structurels majeurs qui pénalisent la compétitivité des opérateurs économiques.

1. La pression fiscale et la traque administrative

La surtaxation et la double taxation imposées au niveau étatique représentent un handicap sérieux pour les exportateurs. Pour stopper ces pratiques qui asphyxient les producteurs et les négociants, des discussions sont actuellement menées avec l’autorité provinciale afin d’implanter un guichet de paiement unique. L’objectif est de sécuriser les flux financiers et de libérer la filière des tracas administratifs répétés.

2. L’accès au crédit et le partenariat bancaire

Historiquement délaissé par le secteur bancaire classique, le monde agricole souffre d’un déficit aigu de financements. Un signal positif émerge toutefois : un engagement en cours avec Equity Bank devrait permettre d’injecter des liquidités fraîches. Pour l’Établissement DOKAS, cette avancée garantira les moyens financiers nécessaires pour acheter la production locale à un prix plus équitable et attractif pour les planteurs.

3. Le défi du transport et de la conservation

Les infrastructures existantes peinent encore à soutenir les ambitions d’exportation :

– Sur la RN4 : La lenteur des travaux de réhabilitation fait courir le risque d’un allongement des délais de route, menaçant la qualité des fèves par détérioration pendant le trajet.

– Sur le réseau fluvial : Le manque de embarcations adaptées aux contraintes d’hygrométrie et de protection des marchandises fragilise la préservation du cacao jusqu’aux ports de sortie.

La levée de ces obstacles repose sur une action combinée. Si la recherche de solutions techniques et le déploiement de capitaux engagent directement les entreprises privées et leurs partenaires, la résolution des problèmes de fond demeure tributaire d’une volonté politique forte.

La Réhabilitation des axes routiers, régulation fiscale et infrastructures portuaires relèvent de la compétence exclusive de l’État congolais, dont l’accompagnement sera décisif pour transformer le potentiel de la Tshopo en un moteur de développement économique durable.

Jerry Lombo


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