Santé|Tshopo : L’OMS et la DPS mobilisent les médias pour ériger un rempart informationnel contre Ebola

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​L’ambiance feutrée du centre Monaco de l’Université de Kisangani tranchait, ce dimanche 19 juillet 2026, avec la gravité du message. Dans cette ville stratégique, véritable carrefour économique et humain au cœur du bassin du Congo, une certitude s’est imposée : face au virus Ebola, la réponse médicale ne suffit plus. Il faut une guerre de l’information.

​Alors que l’épidémie gagne du terrain dans l’Est de la République démocratique du Congo, la Division provinciale de la santé (DPS) de la Tshopo, flanquée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a sonné le tocsin. Sa cible ? Les professionnels des médias. Son arme ? La vérité factuelle pour briser les chaînes de transmission avant que le virus ne s’enracine dans le chef-lieu de la province.

​Le diagnostic posé par les autorités sanitaires est sans fard. En moins de trois mois, le pays a enregistré plus de 2 400 cas confirmés à travers cinq provinces. Si l’Ituri reste l’épicentre ardent de la maladie, suivie de près par le Nord-Kivu et le Haut-Uélé, la Tshopo vient de franchir le seuil d’alerte rouge. Le Sud-Kivu, également touché, a réussi à stabiliser la donne grâce à un sursaut civique. À Kisangani, le ton n’est plus à la préparation, mais à la riposte immédiate.

​« Pour la première fois, cette épidémie nous menace sérieusement ici à la Tshopo. Elle progresse tellement vite que les moyens que nous déployons semblent courir derrière elle. Nous devons unir toutes nos forces : les médecins, les communicateurs, les journalistes et la population. C’est ensemble que nous pourrons vaincre Ebola », a déclaré Dr Amos Ebondo, coordonnateur terrain des urgences OMS/Tshopo.

Dr Amos Ebondo, coordonnateur terrain des urgences OMS/Tshopo

​À ce jour, la Tshopo compte cinq cas confirmés, tous importés de l’Ituri voisine. Mais le Dr Ebondo ne se berce pas d’illusions : le spectre de cas asymptomatiques ou non détectés circulant librement dans la communauté est une réalité épidémiologique que les équipes de surveillance tentent de circonscrire jour après jour par le biais d’un suivi traquant le moindre contact.

Dans cette configuration d’urgence, la rumeur est aussi mortelle que le virus lui-même. La méfiance envers les centres de traitement, les théories du complot locales et la désinformation vaccinale agissent comme des accélérateurs de contagion. C’est précisément pour cela que la DPS et l’OMS refusent de livrer une bataille purement clinique.

Pour ces institutions, les journalistes ne sont pas de simples spectateurs de l’actualité, mais des urgentistes de la communication. Le briefing de l’Université de Kisangani n’avait rien d’un séminaire académique ; il s’agissait d’un briefing opérationnel. L’objectif est clair : saturer l’espace public d’informations fiables pour étouffer l’infodémie avant qu’elle ne paralyse les équipes soignantes sur le terrain.

Dr Stanis Masulimade : Responsable du Pilier Surveillance des Maladies, Cargé des alertes et investigation des cas suspects dans la Riposte de l’épidémie à la DPS-Tshopo

L’argument clé développé par les experts tient en une formule : le temps, c’est de la survie. Aujourd’hui, attraper Ebola n’est plus une condamnation à mort automatique. Les protocoles thérapeutiques ont évolué, mais leur efficacité dépend d’un facteur humain crucial : la rapidité de la prise en charge.

– Le message de santé publique est limpide : Dès l’apparition des premiers symptômes suspects, le réflexe doit être de consulter immédiatement un personnel qualifié.

– Le danger de l’attente : Plus la prise en charge est tardive, plus les chances de guérison s’effondrent, et plus le risque de contamination familiale explose.

La lutte ne se gagnera pas uniquement dans le secret des laboratoires ou des zones d’isolement. Elle se jouera dans la capacité de chaque habitant de Kisangani à identifier les signaux d’alerte, à coopérer avec les agents de santé et à respecter les gestes barrières éprouvés.

John Mondele : Chargé de la communication des risques et engagement communautaire à la DPS-Tshopo

En appelant à une union sacrée entre la science, les médias et les communautés, la DPS et l’OMS rappellent que la meilleure barrière contre un virus reste une population consciente de ses propres vulnérabilités, mais instruite des remèdes.

Une population bien informée est une population immunisée contre la panique. La Tshopo est désormais face à son destin sanitaire : faire de ses radios, télévisions , de ses journaux et de ses leaders d’opinion le bouclier indispensable qui empêchera Ebola de s’imposer à Kisangani. La mobilisation est totale, le compte à rebours est lancé.

Jerry Lombo


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