
C’est une matinée de lundi 15 Juin 2026 particulièrement dense et stratégique qui s’est déroulée dans la cour de la maison communale de la Tshopo. Sous un soleil de plomb, la traditionnelle parade hebdomadaire de ce lundi 15 juin 2026 a pris des allures de grand grand briefing de crise et d’orientation politique. Face à ses administrés et aux chefs de quartiers, le Bourgmestre intérimaire, Antoine Lohuo, a balayé d’un revers de manche la routine administrative pour s’attaquer à des dossiers brûlants : santé publique, assainissement, fiscalité et révision constitutionnelle.
Le gros morceau de cette grande messe communale tournait indéniablement autour de la santé de nos enfants. Prenant la parole avec fermeté, le Bourgmestre Antoine Lohuo a littéralement secoué les chefs de quartiers, les sommant de se muer immédiatement en agents de sensibilisation sur le terrain. L’enjeu ? La grande campagne de vaccination contre la poliomyélite qui débute ce mercredi 17 juin 2026.
Pour donner du poids à ses arguments, l’autorité communale s’est fait accompagner par le Médecin Chef de Zone (MCZ) de la Tshopo, le Docteur Lolo Ofoili. Et le médecin n’est pas venu pour faire de la figuration, mais pour instiller une prise de conscience brutale à travers des chiffres qui font froid dans le dos :.
« Un seul cas de poliomyélite non pris en charge peut contaminer jusqu’à 200 personnes dans la communauté », Dr Lolo Ofoili, MCZ de la Tshopo.
Face à cette menace invisible mais bien réelle, le Docteur Ofoili a lancé un appel vibrant à toutes les mamans et à tous les pères de la commune pour qu’ils fassent vacciner massivement leurs enfants. La vaccination reste l’arme absolue pour ériger une barrière collective contre ce virus qui brise des destins et paralyse l’avenir.
Mais pour Antoine Lohuo, le vaccin ne fait pas tout. Le Bourgmestre a profité de cette tribune pour rappeler une vérité fondamentale : la santé commence par la propreté.
Il a martelé que l’assainissement régulier de nos parcelles et de nos avenues constitue le tout premier rempart, la prévention par excellence contre la polio et bien d’autres pathologies.
Dans la foulée, l’autorité communale a jeté un coup de projecteur sur une autre menace épidémiologique qui rôde : le virus Ebola. Il a solennellement invité la population à ne pas baisser la garde, à observer une hygiène stricte et à prendre toutes les mesures de précaution possibles pour barrer la route à cette terrible maladie. Une piqûre de rappel salutaire qui prouve que la commune de la Tshopo veut anticiper plutôt que subir.
Au-delà des urgences sanitaires, la parade de ce lundi a pris une coloration hautement politique. Antoine Lohuo a engagé ses troupes territoriales dans le grand débat national du moment. Les chefs de quartiers ont reçu une mission claire et impérative : accompagner activement la vision du Chef de l’État concernant le projet de révision de la Constitution.
Le Bourgmestre a insisté sur le fait que les chefs de quartiers, étant les autorités les plus proches de la population, doivent faire de la pédagogie de proximité. Ils ont été appelés à descendre dans les avenues pour expliquer, avec des mots simples et clairs, les avantages réels et les opportunités que cette révision constitutionnelle pourrait apporter au quotidien des Congolais. Une manière de couper court aux rumeurs et de mobiliser la base autour des réformes initiées par la haute hiérarchie du pays.

Pour clore ce tour d’horizon des grands défis communaux, le Bourgmestre a touché au portefeuille, le nerf de la guerre. Antoine Lohuo a évoqué sans détours la question cruciale du paiement de la taxe parcellaire.
Regrettant le manque de ressources qui paralyse parfois les ambitions de l’entité, il a invité la population de la Tshopo à faire preuve de civisme fiscal. Payer sa taxe parcellaire n’est pas une punition, a-t-il fait comprendre, mais un acte de patriotisme local indispensable pour donner à la commune les moyens de sa politique : réhabilitation des infrastructures, sécurité et amélioration des services publics.
La parade s’est clôturée sur cette note de responsabilisation collective. À la Tshopo, le message est passé : entre santé, politique et développement, l’heure est définitivement à l’action.
Pierre Koy
