Assemblée Nationale : Face au VPM de la Fonction Publique, le député Patrick Matata exige des chiffres et braque les projecteurs sur le calvaire des fonctionnaires

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Le feuilleton de la maîtrise des effectifs des fonctionnaires de l’État a connu un nouveau tournant électrique ce samedi 13 juin 2026 au Palais du Peuple. À la baguette de cette offensive démocratique : l’honorable Patrick Matata Makalamba. Élu de la ville de Kisangani (Tshopo) et professeur d’universités, le député national a joint la rigueur scientifique à l’audace politique pour exiger des comptes au Vice-Premier ministre en charge de la Fonction Publique.

​C’est une question d’actualité ciselée comme un scalpel que le député de la Tshopo a déposé sur la table du bureau de l’Assemblée nationale. S’appuyant avec brio sur les articles 100 et 138 de la Constitution, le Professeur Patrick Matata a pointé du doigt la plaie béante des finances publiques congolaises : la gestion des effectifs de l’État et l’explosion de la masse salariale.

​Le constat dressé par l’élu est sans appel. Alors que l’Ordonnance n°25/293 de décembre dernier confie explicitement au ministère de la Fonction Publique la mission de maîtriser et de recenser le personnel étatique, la réalité du terrain ressemble à un puits sans fond.

« Force est de constater que cette maîtrise des effectifs peine à trouver un point d’équilibre », déplore le député avec une ironie mordante.

​Rappelant l’alerte rouge lancée fin 2025 par la Première Ministre selon laquelle la masse salariale engloutit plus de la moitié des recettes courantes du pays ainsi que l’audit de l’état liquidatif ordonné par le Chef de l’État Félix Tshisekedi en février dernier, Patrick Matata pose la question que tous les Congolais se murmurent tout bas : Comment se fait-il que vingt ans de missions de recensement et de contrôles débouchent systématiquement sur une hausse des effectifs plutôt que sur leur réduction ?

​Avec la précision d’un horloger, l’élu de Kisangani a articulé son offensive autour d’une question principale et de trois sous-questions subsidiaires qui mettent le ministère face à ses responsabilités directes :

– Le bilan chiffré : Quels étaient les effectifs réels à l’arrivée du VPM et quelle est la configuration exacte en ce premier trimestre 2026 ?

– L’énigme des « Non-Ayants Droit » : Pourquoi des fictifs continuent-ils d’émarger sur les états liquidatifs de paie pendant que de vrais agents de carrière, sacrifiés, demeurent sur le pavé, sans prise en charge ?

– Le retard des salaires : Alors que la grogne sociale monte à cause de retards de paiement de plus d’un trimestre, quelle est la thérapie définitive pour résoudre cette crise une fois pour toutes ?

​Par cette démarche, Patrick Matata Makalamba se fait le haut-parleur des milliers de fonctionnaires de l’État précarisés par des lourdeurs administratives et des soupçons de réseaux mafieux infiltrés dans la chaîne de la paie.

​La journée de ce samedi 13 juin 2026 n’était pas de tout repos pour les travées de l’hémicycle. Non content d’avoir braqué les projecteurs sur le mammouth de la Fonction Publique via sa question d’actualité, l’honorable Patrick Matata s’est également illustré par son sens tactique lors des débats.

​Alors qu’une initiative d’interpellation distincte, portée par un collègue député, menaçait d’enliser la plénière dans des joutes verbales interminables et contre-productives, le député de Kisangani est monté au créneau. Par une intervention limpide et magistralement argumentée, il a apporté son soutien décisif à la motion incidente qui visait à clore le débat. Un coup de maître politique qui démontre que l’élu sait alterner entre l’art du harcèlement démocratique (le contrôle) et celui de l’efficacité parlementaire (la gestion du temps législatif).

​En bousculant le gouvernement sur la transparence des effectifs, le Professeur Patrick Matata Makalamba prouve que la Tshopo n’a pas envoyé un figurant à Kinshasa, mais un véritable gardien des deniers publics.

​La représentation nationale et l’opinion publique ont désormais les yeux rivés sur le Vice-Premier Ministre de la Fonction Publique. Les éléments de réponse attendus devront être à la hauteur de la rigueur imposée par l’élu boyomais : clairs, chiffrés et, surtout, rassurants pour le portefeuille de l’État et le ventre du fonctionnaire.

Jerry Lombo


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