Kisangani : Le MCZ Lolo Ofoili appelle à la vigilance absolue face aux modes cachés de transmission du poliovirus

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La poliomyélite reste l’un des combats les plus cruciaux de la médecine moderne. Derrière ce nom scientifique se cache une maladie infectieuse féroce, extrêmement contagieuse, causée par le poliovirus. Ce pathogène de l’ombre s’attaque directement au système nerveux et choisit ses victimes les plus vulnérables parmi les enfants de moins de cinq ans.

En l’espace de quelques heures à peine, il est capable de briser des destins en provoquant des paralysies irréversibles. Le constat est aujourd’hui sans appel puisqu’il n’existe aucun traitement curatif. Pourtant, ce drame est totalement évitable, et l’arme absolue pour y parvenir demeure la vaccination.

Le poliovirus est un ennemi d’autant plus dangereux qu’il avance souvent masqué, présentant des visages cliniques très imprévisibles. Dans la grande majorité des cas, soit environ 70 à 90 % des infections, la maladie prend une forme asymptomatique et passe totalement inaperçue. Les personnes infectées ne ressentent aucun symptôme, mais elles propagent activement le virus dans leur entourage à leur insu.

Dans d’autres circonstances, l’affection prend une forme mineure et emprunte le masque d’une grippe banale. Les enfants présentent alors de la fièvre, une grande fatigue, des maux de tête, des vomissements ou encore une raideur de la nuque. Le pire des scénarios survient dans moins de 1 % des cas, lorsque le virus franchit la barrière nerveuse pour attaquer directement les motoneurones.

C’est le début d’une forme paralytique caractérisée par une perte de motricité flasque et aiguë, touchant le plus souvent les jambes. Dans les situations les plus graves, le virus s’en prend aux muscles respiratoires, une complication qui s’avère malheureusement mortelle.

La propagation du virus repose sur des mécanismes bien précis. Le réservoir du poliovirus est exclusivement humain et la transmission s’effectue d’homme à homme, principalement par la voie fécale-orale. Cela signifie que le pathogène s’attrape par l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés par des matières fécales infectées, un phénomène grandement facilité par des mains sales ou un manque général d’hygiène.

Dr Lolo Ofoili : MCZ Tshopo

À ce sujet, le Docteur Lolo Ofoili, Médecin Chef de Zone (Zone de Santé de la Tshopo) tire la sonnette d’alarme concernant une habitude pourtant joyeuse de nos enfants, à savoir les jeux sous la pluie. Le médecin explique qu’au moment des précipitations, les eaux de ruissellement charrient les matières fécales et les déchets abandonnés à ciel ouvert, contaminant ainsi l’environnement.

Les enfants qui s’amusent dehors, boivent cette eau par mégarde ou portent leurs mains souillées à la bouche courent un risque majeur de contracter la maladie. Plus rarement, le poliovirus peut également se transmettre par voie respiratoire, à travers de fines gouttelettes émises lors de toux ou d’éternuements.

Face à la menace, la médecine s’organise autour d’un unique bouclier. Puisqu’aucun médicament ne peut guérir la maladie une fois contractée, la prise en charge se limite à soulager les symptômes et à proposer des séances de kinésithérapie pour tenter de limiter l’impact des handicaps physiques.

La vaccination s’impose donc comme la seule et unique ligne de défense efficace. Administré en plusieurs doses, par voie orale sous forme de gouttes ou par voie injectable, le vaccin stimule les défenses immunitaires de l’enfant pour lui offrir une protection à vie.

Au-delà du bénéfice individuel, la vaccination de masse crée une immunité collective qui dresse une barrière infranchissable autour des communautés, bloquant définitivement la circulation du virus.

Grâce à des efforts mondiaux massifs et des campagnes de vaccination synchronisées, l’incidence de la poliomyélite a reculé de plus de 99 % à travers la planète, sauvant des millions d’enfants du handicap. Cependant, la guerre n’est pas encore totalement gagnée.

Des souches sauvages persistent toujours dans quelques rares foyers endémiques mondiaux, tandis que des poliovirus dérivés de souches vaccinales peuvent muter et provoquer des épidémies sporadiques, spécifiquement dans les zones de santé où la couverture vaccinale est insuffisante. Le mot d’ordre actuel reste donc la vigilance absolue. Tant qu’un seul enfant restera infecté, tous les enfants du monde courront un risque.

Faire vacciner son enfant à chaque campagne, c’est protéger sa vie, celle de ses camarades et participer activement à l’avènement d’un monde libéré à jamais de la poliomyélite. Les parents, les tuteurs et les soignants doivent continuer de se mobiliser et d’ouvrir grand leurs portes aux équipes de vaccination.

Pierre Koy


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