Kisangani : Le pari réussi du LIDDD et de l’Association des Avocates « AABT » pour propulser le barreau de la Tshopo dans l’ère de l’OHADA en 2026

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En lunette, Me Gisèle Nyakwera : Coordon AABT

Le Centre Monaco de l’Université de Kisangani (UNIKIS) a vibré au rythme d’une effervescence intellectuelle remarquable. Dans une salle comble où se mêlaient robes noires, chercheurs chevronnés et esprits juridiques en devenir, s’est tenu un café juridique de haute facture.

Co-organisé par le prestigieux Laboratoire Interdisciplinaire de Droit et Développement Durable (LIDDD) de l’UNIKIS et la dynamique Association des Avocates du Barreau de la Tshopo (AABT), cet événement a jeté un coup de projecteur sur un enjeu crucial pour l’avenir de la profession en République Démocratique du Congo : « Médiation, conciliation, arbitrage OHADA : Quels marchés et quelles compétences pour l’avocat congolais en 2026 ? ».

Retour sur une matinée d’échanges denses, savoureux et résolument tournés vers l’avenir, où la science du droit a rencontré la pratique du terrain.

Une alliance stratégique entre Science et Pratique

Ce café juridique n’était pas une simple conférence de plus. Il a matérialisé une synergie parfaite entre le monde académique, incarné par le LIDDD et le monde praticien porté par l’AABT. Dans un contexte économique congolais en pleine mutation en ce milieu d’année 2026, la question des Modes Alternatifs de Règlement des Différends (MARD) ne relève plus de l’optionnel : elle est devenue un carrefour obligatoire pour l’avocat moderne.

L’ouverture des travaux a immédiatement posé le décor : comment l’avocat congolais peut-il s’approprier ces nouveaux marchés de la paix sociale et des affaires, souvent perçus, à tort, comme une menace pour le contentieux classique ?

Un panel de haut vol pour décortiquer le droit OHADA

Pour explorer cette thématique, les organisateurs ont réuni un banquet d’intervenants dont la réputation traverse les frontières de la province de la Tshopo.

-Les fondations : Cadre juridique et institutionnel

Le Professeur Ordinaire Upio Kakura Wapola a ouvert le bal des interventions avec la rigueur doctrinale qui le caractérise. Il a brossé un tableau comparatif magistral du cadre juridique et institutionnel des MARD, mettant en relief les points de convergence et de tension entre le droit positif congolais et l’arsenal juridique de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

Son exposé a permis de comprendre comment ces deux systèmes s’articulent pour offrir un environnement sécurisé aux investisseurs et aux justiciables.

-Le profil de l’emploi : Compétences et DéontologieVenu spécialement de la capitale, Maître André Kibambe, Bâtonnier de l’ordre du Barreau de la Gombe, a captivé l’auditoire en abordant le versant pratique de la question. Être un bon avocat de plaidoirie suffit-il pour être un bon médiateur ? La réponse est résolument négative.

Le Bâtonnier a décortiqué les compétences techniques (écoute active, reformulation, négociation raisonnée) et les exigences déontologiques strictes (neutralité, indépendance, confidentialité) requises pour endosser la casquette de médiateur, de conciliateur ou de conseil en arbitrage. Un véritable guide de survie professionnelle pour l’avocat de 2026.

-La mine d’or : L’Acte uniforme sur la médiationMaître Guillaume Likwela, dont la double appartenance aux Barreaux de la Tshopo et de Kinshasa|Matete lui confère une vision transversale unique, s’est attelé à l’examen de l’économie générale de l’Acte uniforme OHADA sur la médiation.

Avec beaucoup de clarté, il a démontré que cet outil textuel offre un gisement d’opportunités d’affaires incroyable. La médiation OHADA permet de résoudre les litiges commerciaux à la vitesse de l’éclair par rapport aux lenteurs judiciaires traditionnelles, un argument de poids que les avocats doivent apprendre à « vendre » à leurs clients.

PO Ursil Lelo : Directeur LIDDD

Un débat vigoureux sous l’œil du Directeur du LIDDD

Une table ronde n’est savoureuse que si la contradiction et la profondeur y sont invitées. Ce rôle de « discutant » et de chef d’orchestre scientifique a été assuré de main de maître par le Professeur Ordinaire Ursil Lelo Di Makungu.

En sa triple qualité d’enseignant-chercheur (Directeur du LIDDD), de praticien du droit (Avocat aux Barreaux de la Tshopo et de la Gombe) et d’expert sectoriel (Mandataire en Mines et Carrières), le Professeur Lelo Di Makungu a poussé les intervenants dans leurs retranchements.

Il a contextualisé les débats en rappelant les réalités du tissu économique de la Tshopo, notamment l’impact potentiel des MARD dans le secteur des ressources naturelles et des investissements locaux. Par ses relances pertinentes, il a transformé les exposés théoriques en de véritables pistes d’actions concrètes pour les avocats présents.

Quel bilan pour l’avocat de la Tshopo en 2026 ?

Au sortir de ce café juridique, le message est limpide : l’avocat congolais de 2026 ne peut plus se contenter d’être un « guerrier des prétoires » ; il doit aussi devenir un « artisan de la paix contractuelle ».

La collaboration entre l’AABT et le LIDDD a prouvé que la province de la Tshopo dispose des ressources intellectuelles et de la volonté politique interne pour hisser ses praticiens aux standards internationaux. Les avocates et avocats formés à ces outils sont désormais armés pour conquérir de nouveaux marchés, rassurer les opérateurs économiques et désengorger les cours et tribunaux.

Une activité succulente, dense en enseignements, qui fera date dans les annales juridiques de Boyoma. Le rendez-vous est pris pour les prochaines initiatives de ce binôme académie-barreau qui promet de redéfinir les contours du droit au cœur de la RDC.

Jerry Lombo


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