Tshopo|Alerte : À Lula, la concession privée de l’ONAPAC sous la menace d’une spoliation rampante

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C’est un bras de fer silencieux mais d’une gravité extrême qui se joue actuellement à 7 kilomètres de la rive gauche du fleuve Congo. Le poumon vert et scientifique de la Tshopo est-il en passe d’être sacrifié sur l’autel de l’anarchie ? L’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC-Tshopo), établissement public à caractère scientifique et technique sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, tire la sonnette d’alarme face à la persistance d’actes d’occupation irrégulière de sa concession historique de Lula.

Derrière ce coup de force, des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) mènent une offensive foncière qui piétine le droit et menace la sécurité alimentaire de la région.

2 300 hectares d’or vert pris en otage

La concession de Lula n’est pas un simple terrain vague ; c’est un joyau agro-économique et scientifique de 2 300 hectares. Ce site d’exception abrite :

– Des plantations d’hévéas en pleine production ;

– Des hectares de caféiers et de cacaoyers de haute qualité ;

– Des palmiers à huile à forte valeur ajoutée ;

– De vastes étangs piscicoles destinés à la recherche et à la subsistance.

C’est ce domaine stratégique qu’ont investi des militaires, faisant irruption sur les lieux avec un but manifeste : s’y installer durablement.

Le prétexte invoqué : Selon les témoignages concordants recueillis auprès de certains militaires et de la population locale (qui fréquente la concession pour ses activités de subsistance), il serait envisagé d’y aménager un centre d’hébergement destiné aux militaires blessés de guerre. Une intention louable sur le plan humanitaire, mais qui s’attaque de manière totalement illégale à un domaine privé appartenant au patrimoine de l’ONAPAC.

L’ombre de l’opacité : La mystérieuse visite de ressortissants Chinois

Comme si la pression militaire ne suffisait pas, un nouvel acteur est entré en scène. Le vendredi 15 mai 2026, des ressortissants chinois ont été aperçus et conduits sur le site. Leur mission ? Entreprendre des travaux de réhabilitation des habitations destinées, à l’origine, aux ouvriers de l’ONAPAC.

Le scandale réside dans la méthode : aucune consultation préalable, aucune autorisation, aucun accord avec la direction de l’établissement n’a été sollicité. Une intrusion qui s’apparente à un fait accompli colonialiste au sein d’un patrimoine étatique.

Plantation du Café

L’État de droit bafoué : Les lois de la République foulées aux pieds

L’ONAPAC s’interroge, à juste titre, sur cette tentative d’appropriation sauvage imposée par les armes. L’argument de la défense nationale ne peut tout excuser dans une République qui se veut un État de droit.

Même dans l’hypothèse ultime d’une expropriation pour cause d’utilité publique, la procédure légale permettant à l’État de retirer un bien privé pour un projet d’intérêt général, la loi congolaise est stricte et exige le respect absolu de trois piliers indispensables :

1. Une procédure légale régulière

Réalité sur le terrain : Absente. Aucune démarche officielle n’a été initiée auprès de notre établissement.

2. Une décision administrative dûment motivée

Réalité sur le terrain : Absente. L’occupation se fait sans aucun acte officiel ni justification administrative notifiée.

3. Une indemnisation juste et préalable du propriétaire concerné

Réalité sur le terrain : L’ONAPAC n’a fait l’objet d’aucune compensation ni évaluation financière pour ce préjudice.

En l’espèce, aucune de ces exigences légales n’a été respectée. Ce qui se passe à Lula porte un nom clair : une tentative de spoliation.

Plantation du Cacao

Un cocktail explosif : Risques psychologiques, sécuritaires et économiques

Au-delà de la bataille juridique, cette cohabitation forcée impose une coexistence contre-nature entre les agents techniques de l’ONAPAC et des militaires blessés de guerre. Ce scénario soulève de profondes inquiétudes :

-Sur le plan psychologique et sécuritaire : Les traumatismes profonds liés aux conflits armés exigent une prise en charge médicale, psychologique et des infrastructures ultra-spécialisées. Un site agricole et scientifique n’est en aucun cas un lieu d’accueil adapté pour ces vaillants soldats qui méritent des centres de convalescence dignes de ce nom, et non un exil de fortune.

-Sur le plan professionnel et économique : L’exploitation de l’hévéa, du café et du cacao requiert un environnement serein, stable et sécurisé. Introduire une présence militaire permanente au cœur de la production risque de paralyser durablement le travail des équipes de l’ONAPAC.

L’appel pressant à l’autorité provinciale

Face à cette dérive, l’ONAPAC refuse de céder au fait accompli. L’institution sollicite aujourd’hui, avec le plus grand respect mais une fermeté absolue, l’intervention diligente de l’Autorité provinciale de la Tshopo.

Il est urgent de :

-Faire cesser immédiatement toute tentative d’occupation irrégulière de la concession de Lula.

-Inviter instamment les responsables militaires et les initiateurs de ce projet à se rapprocher de la Direction Générale de l’ONAPAC pour toute démarche officielle, réglementaire et conforme aux lois de la République.

La sécurité alimentaire de la Tshopo et le respect des institutions de l’État ne sauraient être négociés sous la contrainte. L’affaire est à suivre de très près.

Rédaction


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