RDC|Le Paradoxe du Pouvoir : Entre lancer la guerre et les réalités de l’Armée, Félix Tshisekedi choisit la franchise face aux Congolais

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Dans l’arène politique congolaise, où la parole est souvent une arme de séduction massive, le Président Félix-Antoine Tshisekedi vient de poser un acte d’une rare densité politique : celui de la vérité brute. En présentant ses excuses officielles au peuple congolais pour ne pas avoir lancé l’offensive promise contre le Rwanda, le Chef de l’État ne se contente pas d’un simple recul stratégique ; il lève le voile sur les abysses d’une armée nationale dont l’état réel lui aurait été sciemment dissimulé.

On se souvient encore des échos de la campagne électorale. Porté par la ferveur patriotique, le candidat Tshisekedi avait promis une réponse foudroyante : la guerre contre Kigali « à la moindre escarmouche ». Pourtant, une fois au sommet de l’État, le commandant en chef a dû ranger le sabre au fourreau. La raison ? Un diagnostic glaçant des Forces Armées de la RDC (FARDC).

« J’avais reçu des fausses informations concernant notre armée. Il y avait une réalité qui nous avait été cachée dans cette armée », a confessé le Président avec une amertume palpable.

Ce n’est pas un manque de volonté, mais un constat d’impuissance technique qui a dicté ce revirement. Selon le Chef de l’État, les rapports qui atterrissaient sur son bureau décrivaient une force prête au combat, alors que sur le terrain, il découvrait une institution « complètement désorientée, décomposée et désorganisée ». On n’envoie pas ses fils et filles au massacre avec un outil de défense en lambeaux ; c’est le sens de ce pardon demandé à la nation.

Cette sortie présidentielle relance avec une acuité nouvelle le débat sur la réforme structurelle de notre appareil sécuritaire. Si le Rwanda est accusé de soutenir la rébellion du M23 ce que Kigali continue de nier malgré les évidences documentées, la RDC se trouve face à son propre miroir.

L’aveu présidentiel suggère une trahison interne : qui a menti au Chef ? Pourquoi cette réalité a-t-elle été masquée ? Au-delà de la polémique, c’est une véritable opération de déminage au sein du commandement militaire qui s’impose désormais pour transformer une armée « décomposée » en une force de dissuasion crédible.

Le Président n’a pas seulement parlé de la guerre ; il a tracé une ligne rouge démocratique pour l’avenir. Face aux doutes qui planent sur la stabilité de l’Est, sa déclaration a été d’une clarté de cristal :« Il n’y aura pas d’élections en 2028 sans le Nord et le Sud-Kivu ».

Cette phrase sonne comme un serment. Alors que des territoires entiers ploient sous le joug de l’insécurité ou de l’occupation, Félix Tshisekedi lie le destin électoral de la République tout entière à l’intégrité territoriale de ces deux provinces martyres. En 2028, soit le Congo vote uni, soit il ne vote pas. C’est un message fort envoyé à la communauté internationale et aux agresseurs : le Kivu n’est pas une variable d’ajustement, c’est le cœur battant de la souveraineté congolaise.

En choisissant la voie de la transparence plutôt que celle de l’obstination belliqueuse, Félix Tshisekedi tente de rebâtir la confiance avec une population meurtrie par des décennies de promesses non tenues. L’heure n’est plus aux slogans de campagne, mais à la reconstruction laborieuse d’une armée capable de porter les ambitions de grandeur du Congo.

Le débat est désormais lancé : entre la nécessité de réformer les FARDC de fond en comble et l’urgence de libérer l’Est pour garantir les prochaines échéances, la route vers 2028 s’annonce comme le plus grand défi du quinquennat.

La sincérité suffira-t-elle à ramener la paix ? Le peuple congolais, bien que compréhensif face aux excuses, attend désormais des actes qui transformeront cette « armée désorganisée » en un bouclier d’acier.

Doly Muntu


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