
Dans le tumulte de la vie quotidienne au Kasaï Central, une voix s’est élevée avec une clarté nécessaire pour briser un silence trop souvent complice. À l’occasion de la Journée mondiale de la non-violence éducative, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a choisi de placer l’enfant au cœur des priorités provinciales. Sous l’impulsion de son coordonnateur provincial, Me Vincent Kayembe Tshiamumanyi, l’institution a lancé un plaidoyer vibrant pour transformer radicalement les méthodes d’apprentissage, au sein des foyers comme dans les salles de classe.
La violence éducative, qu’elle soit physique ou psychologique, est encore trop souvent perçue par certains comme un outil de discipline nécessaire. Pourtant, pour Me Kayembe, le constat est diamétralement opposé. Lors d’une interview accordée à la presse, l’expert en droits humains a dénoncé ces pratiques avec une fermeté sans équivoque.
« Nous devons adopter des méthodes éducatives alternatives. La violence ne résout rien, elle contribue plutôt à rendre les enfants réfractaires et compromet leur épanouissement », a-t-il déclaré.
Cette déclaration souligne une vérité psychologique profonde : la peur n’enseigne pas le respect, elle instille la soumission ou la révolte. En brisant le cycle de la violence, le Kasaï Central s’offre la chance de voir grandir une génération plus équilibrée, libérée des traumatismes qui entravent la créativité et la confiance en soi.
Au-delà du cercle familial, Me Kayembe a porté une attention particulière au corps enseignant. Dans une province qui aspire au développement, l’école ne peut plus être un lieu de crainte. Elle doit devenir un véritable laboratoire de citoyenneté.
Pour le coordonnateur de la CNDH, l’enseignant n’est pas seulement un dispensateur de savoir, mais un bâtisseur de caractère.
– Sécurité : L’école doit être un refuge où l’enfant se sent protégé.
– Valeurs : C’est par l’exemple que s’enseignent la tolérance et la justice.
– Responsabilité : Un enfant respecté aujourd’hui sera un citoyen respectueux demain.
« Les enseignants ont la responsabilité de promouvoir une éducation non violente. C’est à ce prix que nous formerons des citoyens responsables, capables de participer activement au développement du pays », a martelé Me Kayembe au micro de forceinfo.

L’action de la CNDH ne se limite pas à une dénonciation ; elle propose une véritable feuille de route pour une éducation bienveillante. Ce modèle repose sur trois piliers fondamentaux :
– Le dialogue : Remplacer le châtiment par l’explication pour favoriser l’internalisation des règles.
– La compréhension : Prendre en compte l’âge et les capacités émotionnelles de l’enfant.
– Le respect : Reconnaître l’enfant comme un sujet de droit à part entière, et non comme une propriété.
Pour mieux saisir l’enjeu, il est crucial d’opposer les résultats de l’éducation bienveillante à ceux de l’éducation traditionnelle violente. Là où le modèle protecteur vise l’autonomie et la compréhension profonde, la méthode punitive se contente d’une obéissance immédiate dictée par la peur.
L’outil principal change également de nature : d’un côté, on privilégie la communication et l’empathie, de l’autre, on s’appuie sur les menaces et les châtiments corporels. Les conséquences à long terme sont tout aussi divergentes. Un enfant éduqué avec bienveillance développera une solide confiance en soi et un sens critique aiguisé, tandis que la violence engendre souvent de l’anxiété, de l’agressivité ou une passivité délétère. En somme, il s’agit de choisir entre une relation basée sur la confiance mutuelle ou un simple rapport de force.
Le message porté par Me Vincent Kayembe Tshiamumanyi et la CNDH résonne comme un impératif moral et social. En invitant les parents, les enseignants et les encadreurs à changer de regard sur l’enfant, la Commission s’inscrit dans une dynamique de progrès durable.
Il ne s’agit pas simplement de protéger les enfants, mais de préparer le socle d’une société plus pacifiée. Car, comme le suggère ce plaidoyer, le développement du Kasaï Central et de la République Démocratique du Congo dans son ensemble commence par le respect de la dignité humaine dès le plus jeune âge.
Dans cet élan pour une éducation protectrice, chaque geste de bienveillance posé aujourd’hui est une pierre ajoutée à l’édifice d’un Congo prospère et uni.
Doly Muntu
