Tshopo|Assemblée Provinciale : l’honoroble Freddy Yuma fait le toilettage de la loi Eyane pour une gouvernance sanitaire exemplaire, contre le bricolage budgétaire et les épidémies de l’oubli

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Dans le tumulte de l’hémicycle provincial de la Tshopo, une avancée législative majeure se dessine, portant en elle les germes d’une révolution sanitaire attendue depuis des décennies. Si l’initiative du député Aimé Eyane visant à sanctuariser le financement de la vaccination séduit par son humanisme et son ambition, elle a dû, pour survivre, passer sous les fourches caudines de la rigueur institutionnelle.

Si l’initiative portée par le député Aimé Eyane a allumé l’étincelle de l’espoir, c’est l’intervention chirurgicale de l’honorable Freddy Yuma qui lui a donné la structure nécessaire pour ne pas s’éteindre au premier souffle d’incertitude juridique.

Dans une province où la rougeole et la poliomyélite ne sont pas de lointains concepts mais des réalités dévastatrices frappant les zones de santé les plus enclavées, l’urgence n’est plus à la discussion, mais à l’action structurelle. L’enjeu ? Passer d’une médecine de pompiers réactive, coûteuse et précaire à une véritable forteresse sanitaire.

Pourtant, comme l’a sagement rappelé Freddy Yuma, figure de proue du groupe parlementaire « Analyse et Réflexion pour le Progrès », la noblesse d’une cause ne dispense jamais de la précision de sa loi. Pour l’élu de Kisangani, un texte mal ficelé est une promesse trahie.

« La lecture intégrale du texte a révélé quelques lapsus qui risqueraient de briser le fond de l’initiative si l’on n’y prête pas attention », a-t-il martelé à la tribune, transformant son plaidoyer en un véritable cours de haute légistique.

Le diagnostic de Freddy Yuma fut sans appel : le texte souffrait d’anachronismes handicapants. Invoquer des lois de 2008 caduques ou ignorer la révision constitutionnelle de 2011 n’est pas qu’une affaire de puristes. C’est une question de crédibilité institutionnelle.

Pour que la Tshopo puisse tenir tête aux défis du siècle, sa loi doit être inattaquable. En proposant de requalifier l’intitulé de la proposition et d’en toiletter les références, le député Freddy Yuma n’a pas cherché à freiner l’élan de son collègue Aimé Eyane, mais à l’armer. Une loi provinciale n’est pas un manifeste ; c’est un outil de pouvoir qui doit s’insérer parfaitement dans l’engrenage juridique national de la RDC.

L’instant le plus saisissant de son intervention fut sans doute son passage à la dimension technico-financière. L’honorable Yuma a rappelé une vérité mathématique implacable : la vaccination n’est pas une dépense, c’est le placement le plus rentable au monde.

Il a brillamment démontré que la vaccination n’est pas une charge, mais le placement financier le plus sûr de la province. En citant le ratio de 1 dollar investi pour 44 dollars de bénéfice social, il a transformé un débat médical en un impératif de développement, visant à éradiquer ces « coûts d’urgence » qui saignent régulièrement le trésor provincial lors des flambées épidémiques.

Pour lui, chaque franc congolais investi dans un flacon de vaccin est un investissement direct dans la force de travail de demain.

C’est ici que le groupe « Analyse et Réflexion pour le Progrès » a posé sa réserve la plus sérieuse. L’article 3, pivot du financement, restait trop flou au goût de l’honorable Yuma.

Qui gère réellement les fonds ? Quels mécanismes de contrôle pour éviter l’évaporation des ressources ? Comment articuler ce budget provincial avec les mastodontes internationaux comme l’OMS, l’UNICEF ou GAVI ?

Pour l’honoroble Freddy Yuma, la clarté sur la gouvernance est le seul moyen de rassurer les partenaires techniques et financiers. Sans transparence, le fonds ne sera qu’une coquille vide. Avec elle, il devient un aimant à investissements extérieurs.

En votant la recevabilité de la loi tout en exigeant un « toilettage fréquenté » en commission, Freddy Yuma a scellé un pacte avec l’excellence. Il s’impose aujourd’hui comme l’architecte d’une Tshopo résiliente, prouvant que la maturité parlementaire consiste à marier le cœur (la santé des enfants) et la raison (la rigueur du droit).

Le signal envoyé est fort : la Tshopo est prête à devenir un modèle de gouvernance sanitaire en République Démocratique du Congo. La balle est désormais dans le camp de la commission, sous l’œil vigilant d’un député qui a rappelé à tous que pour sauver des vies, il faut d’abord savoir écrire la loi.

Jerry Lombo


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