Dialogue National en RDC : Le député Patrick Matata prône sur la RTNC une rupture historique avec le partage du pouvoir pour privilégier la refondation de l’État

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Alors que la République Démocratique du Congo s’engage dans un nouveau chapitre de sa vie politique, le récent lancement du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État suscite autant d’espoir que de vigilance. S’exprimant au micro de la RTNC au lendemain de l’annonce présidentielle, le député national Patrick Matata Makalamba a apporté une grille de lecture claire : ce processus doit marquer une rupture fondamentale avec les habitudes de la classe politique congolaise.

Le premier principe repose sur le refus catégorique de transformer cette initiative en une foire au repositionnement politique ou à la redistribution des ministères. À cela s’ajoute la nécessité d’un front uni pour mobiliser sans faille la population face aux agressions extérieures, notamment le soutien du Rwanda au groupe AFC/M23. Par ailleurs, la démarche exige une stricte continuité constitutionnelle afin de maintenir le fonctionnement des institutions et le respect de la légitimité issue des urnes. Enfin, la démarche mise sur une large inclusivité des forces vives, garantissant une participation populaire qui dépasse le cadre restreint des seuls acteurs politiques profession.

Pour l’élu de Kisangani, l’enjeu principal réside dans la nature même des échanges à venir. Trop souvent, l’histoire politique de la RDC a été marquée par des concertations se soldant par des arrangements de coulisses et des glissements institutionnels.

« Dans son objectif, c’est un autre type de dialogue. Il ne s’agit plus de politiciens qui se retrouvent entre eux pour parler du partage du pouvoir », souligne-t-il avec insistance.

Cette posture s’aligne sur la vision exprimée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend faire de ces assises un outil de consolidation durable de l’État plutôt qu’une table ronde d’opportunités personnelles.

Le second pilier de la réflexion de Patrick Matata touche au cœur de la tragédie sécuritaire qui frappe l’est du pays. Évoquant près de trente ans de massacres et de destructions, le député estime qu’il est temps de dresser un mur d’unité nationale. Ce dialogue doit servir de catalyseur pour rassembler l’ensemble des citoyens victimes de l’insécurité et opposer un front commun face aux belligérants et à leurs soutiens extérieurs.

Contrairement aux idées reçues qui associent souvent « dialogue » à « transition » ou « suspension des institutions », le parlementaire rappelle un principe fondamental : la vie républicaine ne s’arrête pas. Les organes de l’État continueront d’exercer leurs prérogatives légales pendant toute la durée des travaux. Cette approche garantit que la recherche d’un consensus national ne se fera pas au détriment de l’ordre constitutionnel.

Avec des consultations prévues dans les 26 provinces et une durée maximale fixée à trois mois, ce processus ambitionne de redonner la parole à la base. En appelant l’ensemble des forces vives de la nation à emboîter le pas au Chef de l’État, Patrick Matata Makalamba rappelle que la réussite de cette initiative ne reposera pas uniquement sur la volonté des dirigeants, mais sur l’engagement de tout un peuple déterminé à rebâtir la souveraineté de son pays.

Jerry Lombo


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