Entre Dialogue et Sanctions : Sur les ondes de la Radio Okapi, le député Patrick Matata démonte l’approche d’Emmanuel Macron et dénonce hypocrisie occidentale face à l’agression Rwandaise en RDC

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L’arène diplomatique de l’Afrique Centrale vient de connaître une secousse de magnitude majeure. Alors que les échos des combats dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) continuent de déchirer le silence des collines du Nord-Kivu, une voix s’est élevée depuis le plateau de l’émission « Dialogue Entre Congolais » (DEC) sur les ondes de Radio Okapi. Invité de marque, le Député National Patrick Matata Makalamba, cadre de l’UDPS, a livré une analyse incisive, presque chirurgicale, de la récente sortie médiatique du président français Emmanuel Macron.

Depuis Nairobi, en marge du sommet Future Africa, Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare. Pour l’Élysée, l’heure n’est plus aux sanctions contre Kigali, mais au « dialogue respectueux ». Une position qui sonne comme un désaveu des mesures punitives américaines et qui appelle à une remise de l’Union Africaine au centre d’un jeu où le M23 redeviendrait un interlocuteur politique.

La réponse de l’élu de Kisangani ne s’est pas fait attendre. Avec la rigueur de l’académicien et la fougue d’un politicien averti, il a d’emblée recadré le débat sur la figure du Chef de l’État congolais.

« Le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est un homme de paix », a-t-il martelé. « Dès son accession au pouvoir, il a tendu la main, jeté des ponts culturels et économiques. Mais la main tendue a été rencontrée par la lame de la prédation ».

Pour l’honoroble Patrick Matata, le diagnostic est sans appel : le Rwanda n’a pas de « mécanisme de survie » autre que la guerre par procuration, utilisant des visages congolais pour masquer une stratégie d’occupation et de déplacement de populations.

L’un des points de friction majeurs entre la vision élyséenne et celle de Kinshasa réside dans l’efficacité des Accords de Washington et de la Résolution 2773 du Conseil de Sécurité (février 2025). Là où Emmanuel Macron craint que la pression n’isole le Rwanda et ne le rende « moins coopératif », l’élu du peuple Patrick Matata voit, au contraire, la clé du succès.

Il souligne un paradoxe flagrant : les lignes de front, autrefois mouvantes et menaçantes, commencent à se figer. Les troupes rwandaises reculent, le M23 marque le pas. Ce n’est pas, selon lui, le fruit d’un dialogue apaisé, mais celui du leadership du président Trump et de la puissance des sanctions.

– L’antinomie balayée : Pour Matata, dialogue et sanctions ne sont pas opposés. « Les sanctions viennent renforcer l’exécution des engagements pris », explique-t-il.

– Le succès diplomatique : Le député loue la « force diplomatique » de Félix Tshisekedi qui a su obtenir des mesures fortes là où d’autres ne proposaient que des paroles.

Le moment le plus fort de l’intervention du Professeur Patrick Matata reste sans doute son interpellation directe de la conscience européenne. En comparant le conflit congolais à l’agression de l’Ukraine par la Russie, il a mis le doigt sur une plaie béante de la géopolitique mondiale.

« Lorsque la Russie a agressé l’Ukraine, l’Europe n’a-t-elle pas multiplié les sanctions culturelles, économiques et diplomatiques ? Pourquoi, lorsqu’il s’agit de la RDC, parle-t-on de contre-productivité ? ».

C’est cette « hypocrisie » qui, selon lui, pousse la France et ses alliés européens à la périphérie des questions africaines. En refusant de nommer l’agresseur et de le punir, Paris perdrait de sa superbe et de sa pertinence sur le continent.Pour

Pour ce député de l’UDPS, la sortie de Macron n’est rien d’autre que l’expression d’une « crise de leadership mondial », une tentative maladroite de réexister face à une diplomatie américaine redevenue ultra-active et efficace dans la région.

Malgré la fermeté de son discours sur les sanctions, le député de l’UDPS, Patrick Matata ne ferme pas la porte à la discussion, mais il en définit strictement les contours. La souveraineté de la RDC, portée par des institutions dont il a rappelé la légitimité issue des urnes de 2023, est le socle de toute démarche.

Il a balayé l’idée d’une RDC “sous perfusion” américaine, rappelant que les Accords de Washington ne sont qu’un pilier parmi d’autres. Entre la loi de programmation militaire qui monte en puissance et les ouvertures politiques internes (citant notamment la réception de l’opposant Fayulu), Kinshasa joue sur tous les tableaux.

La conclusion du député est limpide : On ne discute pas avec ceux qui prennent les armes pour le compte d’un agresseur étranger. Le cap est fixé sur le recouvrement total de l’intégrité territoriale.

En somme, face au « dialogue respectueux » d’Emmanuel Macron, le PhD Patrick Matata Makalamba oppose la « clarté des sanctions » et la « montée en puissance » de l’État congolais. Un message envoyé de Kinshasa à Paris, mais qui résonne jusqu’à Nairobi : en 2026, la RDC ne veut plus seulement être entendue, elle veut être respectée.

Jerry Lombo


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