
L’atmosphère de la paroisse Christ-Roi de Mangobo était empreinte d’une ferveur singulière ce mardi 12 mai 2026. Sous une voûte de prières et de chants de louange, le Renouveau Charismatique Catholique, à travers son noyau dynamique « Cénacle Mont des Oliviers », a officiellement lancé les festivités marquant ses quarante années d’existence. Sous la direction éclairée du berger Mathieu Bayonga, ce lancement n’était pas seulement une cérémonie protocolaire, mais un véritable embrasement spirituel, marquant le passage vers une ère de maturité pour des centaines de fidèles venus rendre grâce.
Placée sous le thème central et évocateur de « 40 ans de marche dans l’Esprit du Cénacle Mont des Oliviers », cette célébration jubilaire se veut une rétrospective profonde autant qu’un tremplin vers l’avenir.
Le programme, d’une richesse doctrinale et spirituelle notable, s’articule autour de quatre piliers essentiels : le réveil spirituel par le retour à la maison et à la maisonnée, le ministère du don à travers la dîme et l’aumône, le bilan prospectif du mouvement, et enfin une interrogation poignante sur les dérives de la spiritualité moderne avec le thème « Quand la foi n’est plus foi ».
La première intervention de cette journée mémorable a été portée par Salumu Gervais, qui a su captiver l’assemblée en développant le sous-thème « Marche dans la foi, héritage de grâce ».

Matthieu Bayonga : Berger du Renouveau Cénacle Mont des Oliviers
Avec une pédagogie imprégnée de sagesse, il a rappelé que la foi, bien qu’invisible aux yeux du monde, demeure le socle inébranlable de l’espérance chrétienne. Pour lui, le véritable trésor légué par les quarante dernières années n’est autre que l’Esprit Saint lui-même, tandis que la grâce se manifeste comme un don gratuit et une bénédiction permanente sur le chemin des croyants.
Dans un voyage temporel fascinant, Salumu Gervais a retracé les racines du Renouveau Charismatique Catholique. Il a transporté l’assistance en février 1967, à l’Université Duquesne aux États-Unis, là où tout a commencé par une effusion soudaine de l’Esprit sur un groupe d’étudiants assoiffés de Dieu.
Ce souffle, reconnu officiellement par le Pape Paul VI en 1975, a traversé les océans pour atteindre la République démocratique du Congo la même année, porté une fois de plus par l’énergie de la jeunesse étudiante.
L’histoire locale du Cénacle Mont des Oliviers est, elle aussi, une épopée de persévérance. Apparu à Kisangani en 1977 au sein de l’université avant de rayonner au Collège Maele, le mouvement a trouvé son ancrage définitif grâce à la vision de son premier berger, Papa Nicolas Molambo.

Accompagné de figures historiques telles que Feza Julienne et Mathieu Kabeya, les premières prières s’organisaient humblement dans la commune de Mangobo, au quartier Lumbulumbu. Ce n’est que le 26 juin 1986 que le père Ricardo, alors curé de la paroisse Christ-Roi, officialisa l’intégration du Cénacle comme mouvement paroissial, scellant ainsi quarante ans d’histoire ininterrompue.
Prenant le relais, Serge Koy, vice-berger diocésain, a apporté une dimension symbolique forte à l’événement en traitant du bilan et des perspectives. Pour lui, atteindre quarante ans n’est pas un simple hasard chronologique, mais le signe d’une maturité accomplie, à l’instar de la traversée du désert par le peuple d’Israël.
Ce jubilé est donc un appel à la fidélité absolue et à la générosité, incitant les fidèles à transformer leur reconnaissance en actes concrets par le partage et le soutien aux œuvres chrétiennes.

Les réjouissances et les moments de recueillement ne font que commencer. Pour les mois à venir, le Cénacle Mont des Oliviers a prévu un calendrier intense qui promet d’impacter la cité de Kisangani. Sur le plan spirituel, une mission populaire d’envergure est annoncée pour le mois de juin dans trois secteurs de la commune de Mangobo, visant à ramener les cœurs à l’essentiel.
En parallèle, la dimension culturelle ne sera pas en reste, avec notamment un grand concert public qui viendra magnifier, en musique et en joie, ce quarantième anniversaire gravé sous le signe de l’Esprit.
Sylvain Kaita
