Rétablissement de la Vérité au Marché Central de Kisangani : Entre manipulation et réalité du terrain, le capita du rayon et le responsable de l’immeuble Muyasa expliquent

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Le samedi est habituellement une journée d’effervescence commerciale au cœur de la Boyoma. Pourtant, ce 09 mai, une brume de désinformation a tenté de s’abattre sur le Marché Central. Des rumeurs persistantes, circulant avec une rapidité déconcertante, faisaient état d’une prétendue « crise des étals », allant jusqu’à pointer du doigt la gestion administrative de la ville.

Face à ce brouhaha médiatique, l’heure est à la clarification. Il ne s’agit pas ici de simples querelles de voisinage, mais d’une opération d’urbanisme commercial nécessaire, déformée par des intérêts obscurs.

La rumeur voulait faire croire à une spoliation : de nouveaux arrivants réclameraient des tables occupées depuis des années par des vendeurs en règle. Plus grave encore, le Gérant du marché et le Maire de la ville étaient accusés d’être les chefs d’orchestre de ce désordre.

Lucien Mosombo (Capita du rayon ACKIS 1)

Pourtant, les témoignages recueillis par Forceinfo auprès des acteurs directs, ceux qui vivent le marché au quotidien dressent un portrait radicalement différent.

Remettre l’ordre, pas déguerpir

Lucien Mosombo, capita du rayon ACKIS 1 au marché central, a pris la parole pour clore une opération de deux semaines qui a pris fin ce samedi. Pour lui, la situation est limpide :

« L’opération consistait à bien arranger les vendeuses et vendeurs pour que chacun rentre dans son espace. Ce n’était pas une opération de déguerpissement ou de ravir les tables ».

Selon ses explications, le travail mené par les inspecteurs visait une mise en conformité technique. L’objectif ? Harmoniser les étalages avec les exigences structurelles de l’immeuble Muyasa. Lucien Mosombo s’est dit profondément choqué par l’implication calomnieuse des autorités urbaines :

« Ça n’a rien à voir avec les autorités. Je suis d’ailleurs surpris d’entendre qu’on a cité les noms du Gérant et du Maire de la Ville dans cette histoire, ils y sont d’ailleurs pour rien ».

L’immeuble Muyasa

L’enjeu se situe en réalité au niveau de la cohabitation entre le secteur formel (les magasins de l’immeuble Muyasa contournant le parking de Kabondo) et le secteur informel (les vendeurs de rue). Les responsables de l’immeuble tirent la sonnette d’alarme : « Nos locataires sont devenus « invisibles » derrière une forêt d’étalages et de hangars trop imposants ».

Le plaidoyer social du Maire aire et du Gérant

Contrairement aux accusations de corruption qui circulaient ce matin, les coulisses des négociations révèlent une réalité inverse. Là où les propriétaires de l’immeuble Muyasa demandaient initialement une mesure radicale, à savoir le remboursement des frais de vignettes perçus par le marché pour justifier le départ immédiat des commerçants, le Maire et le Gérant ont opposé une fin de non-recevoir.

L’immeuble Muyasa (derrière) et les étalages à problème

Au lieu de céder à la pression foncière, les autorités urbaines ont exercé un véritable plaidoyer social. Elles ont insisté sur le fait que derrière chaque table de vente se trouvent des familles entières dont la survie dépend de cet emplacement. C’est grâce à cette médiation que les vendeurs ont pu être maintenus sur place, loin de l’image de bourreaux que la rumeur tentait de leur coller.

Les conditions de la cohabitation

Pour éviter l’expulsion pure et simple réclamée par les propriétaires, un compromis de dernière chance avait été trouvé. Ce compromis reposait sur deux piliers stricts que les commerçants devaient respecter : d’une part, l’usage exclusif de parasols pour ceux situés le long de la façade de l’immeuble, et d’autre part, une réduction significative de la longueur des hangars et des étalages pour que les vitrines des magasins redeviennent visibles.

C’est précisément le non-respect de ces engagements par certains vendeurs, qui continuaient à obstruer la vue, qui a déclenché l’intervention des inspecteurs ce samedi.

Le verdict du terrain et l’heure de la discipline

Le constat est amer pour les responsables de l’immeuble Muyasa : malgré la souplesse accordée par la gestion du marché et la médiation du Maire, certains commerçants peinent à s’ajuster. Face à cet entêtement qui met en péril l’équilibre du site, le ton change radicalement.

Le Gérant du marché central, présent sur les lieux, a été plus clair : la réorganisation n’est plus négociable. Les détenteurs de hangars et d’étalages ont désormais l’obligation de respecter les dimensions prescrites. À défaut de s’y conformer de plein gré, ils feront face à un déguerpissement pur et simple ou seront contraints d’obtempérer par la force.

Le gérant du marché (chemise bleue) et l’un des responsables de l’immeuble Muyasa devant une commerçante

Halte à la manipulation

Cet épisode au Marché Central de Kisangani démontre une fois de plus la fragilité de l’information en période de réorganisation. Là où certains ont vu une injustice orchestrée par les autorités, la réalité montre au contraire des autorités (Maire et Gérant) qui ont tout fait pour sauver les places de vente, à condition que les vendeurs fassent preuve d’un minimum de civisme et de respect pour leur environnement.

À Kisangani, le commerce doit rimer avec respect des normes. La récréation, semble-t-il, est terminée.

Jerry Lombo


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