La nuit du jeudi 30 avril restera gravée dans les mémoires des habitants de la commune de Katoka comme celle d’un réveil brutal pour la jeunesse scolaire. Alors que les épreuves de la dissertation pointaient à l’horizon, ce qui devait être une veillée de révision s’est transformé en une descente policière d’envergure, mettant à nu les dérives du célèbre phénomène « Maquis ».
C’est aux environs de minuit, sous une pluie diluvienne qui s’abattait sur la ville de Kananga, que les services de sécurité ont lancé l’assaut. L’opération, menée avec une précision chirurgicale, a ciblé deux points névralgiques de la commune : l’avenue Misumba à Katoka 3 et l’avenue Sankuru à Katoka 2.
Le bilan de ce coup de filet est sans appel : 49 jeunes, tous élèves issus de divers établissements de la place, ont été appréhendés. Parmi eux, 17 filles, dont le destin a basculé entre les murs de résidences transformées, pour l’occasion, en quartiers généraux clandestins.
Si l’objectif officiel du « Maquis » est censé être l’entraide intellectuelle à la veille des examens d’État, la réalité découverte par les agents de sécurité est bien plus sombre. Selon des sources concordantes, le décor était loin des manuels de philosophie et des cahiers de notes.

« Certains ont été surpris dans une même chambre, filles et garçons mêlés, dans des positions pour le moins compromettantes, alors que la pluie martelait les tôles », confie un témoin proche du dossier.
L’insouciance de ces adolescents, censés préparer leur avenir, a été stoppée net par la rigueur de la loi. Loin des bancs de l’école, c’est désormais face aux enquêteurs qu’ils devront s’expliquer.
À l’heure actuelle, les 49 prévenus sont détenus au service de renseignement communal. L’ambiance y est lourde : l’heure est à l’identification systématique et aux interrogatoires. Pour ces élèves, le stress de la dissertation a été remplacé par l’angoisse des suites judiciaires et disciplinaires.
Cet événement vient rappeler une réalité juridique souvent ignorée ou bravée par bravade juvénile : le phénomène « Maquis » est formellement interdit par les autorités provinciales. Cette mesure, prise pour protéger la moralité et la sécurité des élèves, souffre d’une application parfois difficile, mais la démonstration de force de cette nuit à Katoka sonne comme un avertissement solennel.
Le message est clair : l’État ne restera pas les bras croisés face à l’insubordination. Toute personne qui oserait encore braver cette interdiction trouvera, littéralement, les services de sécurité sur son chemin.
Alors que la ville s’éveille avec cette nouvelle fracassante, une question demeure sur toutes les lèvres : comment ces élèves, censés être l’élite de demain, ont-ils pu troquer leur stylo contre le vice à quelques heures seulement d’une épreuve décisive ?
Doly Muntu
