
Ce n’était pas l’écho d’un culte dominical ordinaire, mais bien le grondement d’un séisme politique venu des chaires. Évariste Ejiba Yamapia, président de la Plateforme des confessions religieuses des Églises de Réveil du Congo (ERC), a jeté un pavé dans la mare constitutionnelle ce jeudi 30 avril 2026 : les fidèles seront mobilisés pour un changement radical de la loi fondamentale.
Pour Ejiba Yamapia, le diagnostic est sans appel. Le texte qui régit actuellement la République Démocratique du Congo n’est plus en adéquation avec les aspirations profondes du peuple. Il l’a qualifié avec une pointe d’amertume de « Constitution des belligérants ».
Selon cette vision, la loi actuelle ne serait que le vestige de compromis fragiles signés entre frères ennemis pour faire taire les armes, plutôt qu’un contrat social né d’une volonté populaire souveraine.
L’annonce faite après une rencontre avec ses pairs ne laisse aucun doute sur la stratégie à venir. Les Églises de Réveil, connues pour leur capacité de mobilisation organique et leur ferveur, ne comptent pas rester spectatrices.
« Nous allons mobiliser nos fidèles pour le changement de la constitution. Ce texte qui régit la nation depuis deux décennies n’est qu’une Constitution des belligérants, un vestige poussiéreux d’une époque de déchirements où la loi était dictée par l’urgence de la paix plutôt que par l’aspiration à la grandeur », a martelé le président de la Plateforme.
La stratégie de mobilisation s’annonce d’une envergure sans précédent. En RDC, où la ferveur religieuse irrigue chaque ruelle et chaque village, l’appel du Berger est souvent plus impérieux que le décret du ministre.

En choisissant d’engager le fer sur le terrain constitutionnel, les Églises de Réveil transforment le débat technique en une véritable croisade civique. Il ne s’agit plus de discuter d’articles ou d’alinéas, mais de réclamer un nouveau pacte social, une Constitution de la Paix et du Progrès qui émanerait enfin des entrailles de la population.
En qualifiant le texte de 2006 de produit de la belligérance, Ejiba Yamapia touche une corde sensible : celle de la souveraineté retrouvée. Pour lui et ses pairs, le temps est venu de donner au Congo une robe de lumière, tissée par les Congolais, pour les Congolais, loin des compromis de Sun City.
Ejiba Yamapia souligne une anomalie démocratique : “Un pays en pleine croissance ne peut indéfiniment s’appuyer sur un texte conçu pour gérer des belligérances éteintes”.
Reste une question en suspens : comment cette mobilisation se traduira-t-elle concrètement sur le terrain politique ? Une chose est sûre, ce jeudi 30 avril, les Églises de Réveil ont décidé de quitter les parvis pour s’inviter au cœur de la République.
Ejiba Yamapia souligne une anomalie démocratique : un pays en pleine croissance ne peut indéfiniment s’appuyer sur un texte conçu pour gérer des belligérances éteintes.
Jerry Lombo
