
Il arrive un instant où une nation, trop longtemps meurtrie, décide de reprendre les rênes de son récit national. C’est ce souffle de renouveau, ce parfum de souveraineté retrouvée, qu’a porté l’honorable Patrick Matata Makalamba lors de son passage remarqué sur les ondes de la Radio Okapi.
Dans un exercice de clarté pédagogique qui a résonné comme un électrochoc sur l’ensemble du territoire, l’élu national ne s’est pas contenté de commenter l’actualité. Il a disséqué, avec une précision chirurgicale, la mue profonde de la doctrine diplomatique de Kinshasa : un passage de la posture de victime à celle d’architecte de sa propre renaissance.
Depuis des décennies, l’Est du Congo saigne. Un drame humain, écologique et économique qui s’est trop souvent heurté à un mur de sémantique. On parlait de « troubles », de « rébellions internes », de « groupes résiduels ». Patrick Matata a brisé ce miroir aux alouettes.
Pour lui, la nouvelle stratégie impulsée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi marque la fin de la cécité volontaire. Kinshasa a cessé de dialoguer avec des « marionnettes » dépourvues de volonté propre pour pointer directement le doigt vers les véritables ordonnateurs de la tragédie.
« Le texte signé entre la RDC et le Rwanda grave dans le marbre une réalité incontestable : nous faisons face à un problème d’agression, à une guerre de nation à nation », a martelé l’élu.
En inscrivant cette agression dans le droit international, la RDC ne cherche pas seulement la paix ; elle exige le respect de son intégrité. Cette clarté diplomatique est le socle indispensable. Sans diagnostic honnête, aucun remède ne peut être définitif.
L’analyse de Patrick Matata gagne en épaisseur lorsqu’il évoque le volet économique de cette nouvelle ère. La paix, si elle veut être durable, doit être nourrie par le développement. C’est ici qu’intervient le partenariat stratégique avec Washington, une pièce maîtresse du « package global » défendu par l’élu.
Loin des clichés sur le « pillage organisé » qui alimentent souvent les discours populistes, Matata y voit une opportunité historique de transition industrielle. La RDC ne peut plus se contenter d’être le « scandale géologique » du monde, un simple réservoir où l’on vient puiser des minerais bruts.
Le député appelle à une révolution structurelle :
– Énergie et infrastructures : Sans électricité et sans rails, l’industrialisation reste un mirage.
– Valeur ajoutée : Transformer le cuivre, le cobalt et le lithium sur place pour créer une classe moyenne congolaise.
– Logistique : Ouvrir des corridors fiables pour connecter la RDC au marché mondial, non plus comme un gisement, mais comme un pôle de production.
Pour illustrer cette vision, Patrick Matata a convoqué l’audace des pères de l’Europe. En rappelant la naissance de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), il a souligné comment d’anciens ennemis ont transformé leurs ressources de guerre en outils de paix par la mutualisation économique.Pourquoi
Pourquoi, l’Afrique des Grands Lacs, forte de la SADC et de l’Union Africaine, ne pourrait-elle pas transformer ses minerais de sang en minerais de prospérité ?
L’honorable Matata ne s’est pas dérobé face aux critiques concernant la ratification des accords. À l’heure où les réseaux sociaux s’embrasent de rumeurs d’opacité, il a remis la Constitution au centre du village.
En invoquant les articles 213 et 214 de la loi fondamentale, il a rappelé le rôle prépondérant du Parlement. Loin d’être une simple chambre d’enregistrement, l’Assemblée nationale a exercé son pouvoir de contrôle avec une rigueur exemplaire. Trois commissions permanentes Défense, Relations extérieures et Économie ont passé ces textes au peigne fin durant plus d’une semaine.
« La vérité est en ligne, accessible à tous », a-t-il insisté, fustigeant l’instrumentalisation politique qui vise à fragiliser l’élan national.
L’intervention de Patrick Matata sur Radio Okapi à l’émission Dialogue entre Congolais n’était pas un simple exercice de communication, mais le plaidoyer d’une nation qui se tient debout. La RDC est à la croisée des chemins. Le chemin sera long, la résistance des prédateurs sera forte, mais la direction est désormais claire.
Le Parlement congolais s’érige en vigie de la République. Chaque dollar investi, chaque accord bilatéral sera passé au crible de l’intérêt citoyen. La diplomatie congolaise a cessé d’être spectatrice de son propre malheur pour devenir l’architecte résolue de sa grandeur retrouvée. L’espoir, désormais, a un visage : celui d’un Congo industriel, en paix et maître de son destin.
Jerry Lombo
