
L’escalade des tensions et la résurgence des violences dans la région des Grands Lacs ont suscité une vive inquiétude au sommet de l’Union africaine (UA). Le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé une préoccupation majeure face à la dégradation rapide de la situation, ciblant particulièrement les développements tragiques au Sud-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), ainsi que dans la province de Cibitoke, au Burundi.
Le Président de la Commission a déploré que ces récents affrontements et les violences perpétrées contre les populations civiles viennent saper la dynamique de paix patiemment construite. Ces actes sont considérés comme une régression profonde, allant directement à l’encontre de deux cadres diplomatiques majeurs :
– L’Accord-cadre de Doha conclu entre la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23).
– L’Accord de Washington D.C. liant la RDC et le Rwanda.
Face à cette menace d’effondrement des acquis, Mahmoud Ali Youssouf a lancé un appel solennel à l’ensemble des parties prenantes : faire preuve de la plus grande retenue et privilégier sans délai une solution politique négociée pour désamorcer la crise.
L’Union africaine a tenu à réaffirmer sa solidarité inébranlable envers les populations civiles affectées, tant en RDC qu’au Burundi, victimes directes de cette instabilité.Mahmoud Ali Youssouf a réitéré la position constante et non négociable de l’Union : le règlement durable des conflits dans la région des Grands Lacs repose intégralement sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les États. Ce principe fondamental est la seule garantie d’une coexistence pacifique.
À cet égard, le Président de la Commission a réitéré la condamnation ferme de l’UA de toute tentative visant à établir une administration parallèle dans l’Est de la RDC. Cette prise de position vise à dénoncer toute entité cherchant à s’arroger une légitimité territoriale par la force, menaçant ainsi l’unité nationale congolaise.
L’appel du Président de la Commission ne s’est pas limité aux seuls belligérants immédiats. Il a exhorté l’ensemble des États de la région à honorer et à respecter leurs obligations régionales, notamment celles découlant de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et du Protocole de non-agression et de défense mutuelle de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Ces cadres juridiques et politiques existent précisément pour prévenir la dégénération des crises et appellent à la solidarité sécuritaire mutuelle.
En somme, le Président Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé la pleine disponibilité de l’Union africaine à travailler de concert avec toutes les parties prenantes, qu’elles soient régionales ou internationales. L’objectif ultime est d’impulser un dialogue régional inclusif et sincère afin de mettre un terme définitif à l’instabilité qui meurtrit la région des Grands Lacs. L’UA se positionne ainsi comme un facilitateur essentiel dans la quête d’une paix stable et pérenne.
Rédaction
