
Le secteur de Banyali Kilo, situé à plus de 60 kilomètres au nord-ouest de Bunia dans le territoire de Djugu, tourne la page de l’instabilité et se tourne résolument vers l’avenir. Face à l’installation d’une relative accalmie, la priorité est désormais de panser les plaies économiques et sociales laissées par les conflits. Au cœur de cette stratégie de reconstruction : la relance agricole.
Le chef coutumier de cette entité, Innocent Madukadala Kosiandey, a clairement exposé son plan à la presse locale, soulignant la nécessité impérieuse pour sa population de reprendre sans délai les activités champêtres.
Pour Innocent Madukadala Kosiandey, l’arrêt forcé des activités agricoles causé par l’insécurité a eu des conséquences dévastatrices sur le tissu économique et la sécurité alimentaire locale. Banyali Kilo est traditionnellement un pilier de la production provinciale, reconnu pour sa double vocation. « Le secteur de Banyali Kilo est connu pour deux choses : l’exploitation minière et les activités agricoles », a-t-il rappelé.
Le constat est alarmant : la violence a vidé les champs, menant à la quasi-disparition de produits de base localement cultivés.« Aujourd’hui, certains produits du champ, localement cultivés, comme les kolokazes, les bananes plantains et autres, ont quasiment disparu à cause de l’insécurité », a-t-il affirmé.
Cette raréfaction a non seulement engendré des difficultés d’approvisionnement, mais a aussi fragilisé les moyens de subsistance de milliers de familles.
Face à ce défi, l’autorité coutumière ne reste pas inactive. Le Chef Madukadala Kosiandey s’est engagé personnellement dans une vaste campagne de sensibilisation auprès de sa population. L’objectif est double : encourager la reprise immédiate des activités agricoles et, de manière tout aussi cruciale, favoriser une culture de paix et de coexistence harmonieuse avec les habitants des entités voisines. La relance économique est intrinsèquement liée à la stabilité et à la réconciliation.
Profitant de son échange avec la presse, le Chef du secteur de Banyali Kilo a également lancé un plaidoyer urgent en direction du gouvernement provincial et central. Le succès de la relance agricole et minière dépend de la fluidité du commerce.
Il a insisté sur la nécessité d’une réhabilitation rapide des ponts d’Abombi et de Nizi, qui se sont récemment dégradés. Cette dégradation a momentanément coupé la circulation sur l’axe stratégique Barrière-Mungwalu. « Il faut que le gouvernement réhabilite rapidement ces ponts afin que la circulation reprenne pour faciliter le flux commercial entre la ville de Bunia et la région minière du territoire de Djugu », a-t-il conclu.
La restauration de ces infrastructures est la clé de voûte pour permettre aux produits agricoles de Banyali Kilo de reprendre le chemin des marchés, transformant ainsi l’accalmie actuelle en une véritable prospérité retrouvée.
Jonathan Basimaki
