RDC|Dialogue National : L’offensive du sénateur Jean Bamanisa contre les dialogues qui légitiment le chantage des armes

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À chaque rentrée parlementaire, le Palais du Peuple à Kinshasa retient son souffle. Entre discours d’orientation, enjeux sécuritaires à l’Est et manœuvres politiques, la session de septembre s’impose traditionnelement comme le baromètre de la nation. C’est dans ce décor à haute tension politique que le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a martelé une conviction profonde : la politique congolaise doit définitivement rompre avec sa plus toxique mauvaise habitude.

« L’art dangereux de « négocier par la gâchetteLe cycle de la prise des armes pour accéder aux fonctions doit se terminer », a tranché l’ancien gouverneur, posant un diagnostic sans complaisance sur l’histoire récente du pays.

Depuis trois décennies, la République Démocratique du Congo s’est retrouvée prisonnière d’une boucle absurde : prise d’armes, déstabilisation, négociations politiques, distribution de postes institutionnels, puis amnistie, jusqu’à la prochaine rébellion.

A en croire, cet ancien gouverneur, ce schéma d’intégration systématique des belligérants dans les appareils d’État et de défense, s’il a parfois servi de pansement temporaire pour calmer les incendies, a fini par perversement valoriser la violence. Prendre un fusil était devenu, pour certains opportunistes, le raccourci le plus rapide vers un fauteuil ministériel, un galon de général ou une place au parlement.

Pour Jean Bamanisa Saïdi, la démocratie congolaise ne peut plus se consolider sous le régime permanent du chantage sécuritaire. Dans un État moderne, doté de lois constitutionnelles et de mécanismes électoraux réguliers, la légitimité ne se conquiert pas dans le sang, mais dans les urnes et l’engagement civil.

Tout d’abord, le respect strict de la légalité s’impose comme une priorité absolue. La conquête des responsabilités publiques doit se faire « suivant les normes, suivant les règles », car la République ne peut plus se permettre de brader ses principes fondateurs au nom de compromis boiteux.

Ensuite, il est essentiel d’exporter la fin définitive de l’impunité dans le paysage politique. Recompenser les leaders de factions armées dévalue la fonction publique, humilie les victimes civiles et démotive profondément les acteurs politiques qui font le choix courageux de la voie pacifique.

Enfin, le renforcement des institutions doit devenir le véritable cœur des discussions. Le dialogue national, outil indispensable à la cohésion de la nation, doit servir à bâtir des réformes structurelles durables en matière de justice, de sécurité et de gouvernance, et non à partager un gâteau institutionnel entre seigneurs de guerre.

L’intervention du sénateur intervient à un moment charnière où la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs dans ses provinces orientales. Elle sonne comme un appel à la maturité collective pour refuser que la diplomatie interne ne devienne une prime au crime.

En rappelant que la compétition politique doit se jouer par la force du droit et non par le droit de la force, Jean Bamanisa Saïdi pose un principe fondamental. Le salut et la stabilité durable du Congo ne passeront pas par de nouvelles concessions aux groupes armés, mais par le réarmement moral et institutionnel de l’État républicain.

Jerry Lombo

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