Linafoot-Ligue 2 : Clap de fin entre le FC Magheria Kahala et Dieudonné Bokolato, le départ d’un stratège au nom de la dignité professionnelle

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Dans le paysage du football congolais, il y a des hommes dont la réputation précède chaque prise de fonction et dont le savoir-faire force le respect. Dieudonné Bokolato est indiscutablement de cette trempe. Technicien chevronné, bâtisseur passionné et fin tacticien comme il l’a si brillamment démontré par le passé sur les bancs de Mwangaza de Beni et de Macomin, le coach Dieudonné Bokolato incarne cette catégorie d’entraîneurs rigoureux, capables de métamorphoser un collectif et d’inculquer une véritable culture de la gagne.

Pourtant, c’est sur une note d’amertume et d’inachevé que s’écrit la fin de son aventure avec le FC Magheria Kahala de Lubero dans le Nord-Kivu. Alors que le club peaufinait ses armes à Kisangani en vue du coup d’envoi du championnat national de la Ligue 2 (Zone de développement Est ), le charismatique entraîneur a pris ses responsabilités en officialisant la résiliation de son contrat. Un choix courageux, dicté non par un abandon, mais par la défense intransigeante de son éthique et de ses prérogatives de technicien.

Une préparation exemplaire sapée par le non-respect des engagements

Durant plusieurs mois, Dieudonné Bokolato s’est investi corps et âme dans la préparation du FC Magheria Kahala. Grâce à sa méthodologie éprouvée et à son sens aigu du détail, il avait su façonner un groupe compétitif, prêt à affronter les exigences d’une Ligue 2 réputée féroce.

Malheureusement, les promesses de la direction n’ont pas suivi la rigueur imposée sur le terrain. À l’origine de cette rupture : un manquement flagrant aux engagements souscrits par la hiérarchie du club. Selon les éléments recueillis, la direction avait convenu avec le coach d’un déploiement échelonné à Kisangani, d’abord l’entraîneur principal avec une première ossature de l’effectif, puis le reste du groupe et du staff.

Mais au lieu d’honorer cette feuille de route concertée, la réalité du terrain a pris une tournure bien regrettable. Sans véritable concertation, de nouveaux joueurs venus de Kinshasa ainsi qu’un nouveau staff technique ont fait leur apparition, marginalisant de fait le rôle central que devait occuper Bokolato dans le processus de recrutement et la gestion sportive de l’équipe. Pour un entraîneur de sa stature, accepter une telle dilution de ses responsabilités aurait été un renoncement à ses principes fondamentaux.

Le respect des techniciens : L’éternel défi du football congolais

Au-delà du simple cas individuel, le départ de Dieudonné Bokolato remet sous les projecteurs une plaie récurrente du football national : la précarité du statut de l’entraîneur et le non-respect des contrats par les dirigeants de clubs.

Comment bâtir un projet sportif pérenne lorsque les promesses contractuelles s’évaporent au moindre prétexte ? Un technicien de la valeur de Bokolato ou de tout autre entraîneur engagé au haut niveau a besoin d’un cadre de travail serein, de prérogatives clairement définies et d’un partenariat fondé sur la confiance réciproque. Vouloir imposer un staff ou des joueurs dans le dos du patron du banc de touche relève d’un amateurisme qui nuit, en premier lieu, à la cohésion et à la performance du club lui-même.

Les dirigeants des clubs congolais sont ainsi une fois de plus interpellés : le développement durable de notre football ne se fera pas sans considération, stabilité ni professionnalisme envers ceux qui façonnent les talents au quotidien.

Dieudonné Bokolato quitte donc le FC Magheria Kahala la tête haute, fidèle à ses convictions et fort d’un bagage tactique qui ne manquera pas d’attirer rapidement de nouveaux prétendants ambitieux. Quant au club, il devra assumer la lourde tâche de reconstruire une dynamique sans l’homme qui en était la cheville ouvrière.

Jerry Lombo


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