L’ultimatum de Yangambi : La Société Civile hausse le ton face à la crise administrative à l’ISTM-Yangambi et donne 30 jours au ministère de tutelle

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À Yangambi, une localité située à 100Km de la ville de Kisangani dans la Tshopo, le malaise ne se murmure plus à voix basse : il éclate au grand jour, porté par la voix des forces vives locales résolues à rétablir l’ordre et la justice au sein de l’Institut Supérieur Technique Médical (ISTM-Yangambi). Dans une déclaration solennelle rendue publique le 3 octobre 2026, la Société Civile Forces Vives de Yangambi, représentée par Pharaon Bondele Yaaya , surnommé avec ferveur « Lumumba de Yangambi », est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’inertie coupable du pouvoir central face à une gestion académique et financière exsangue.

Au cœur du litige se trouve un silence de plus de deux ans. La Société Civile exprime son profond regret face à l’absence de décisions concrètes de la part de Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique (ESURSI). La crise dure pourtant depuis le désaveu formel du Directeur Général, le Chef de Travaux Kitoko Eleki Willy, acté dès le 9 mars 2024 pour incompétence professionnelle, détournements de fonds publics et abus de pouvoir.

Une réalité alarmante qui n’a pourtant pas échappé aux autorités : les faits reprochés ont été constatés noir sur blanc par la commission d’enquête diligentée par le ministère, puis directement observés par Madame la Ministre elle-même lors de sa visite sur le terrain le 18 décembre 2025.

Loin d’assainir la situation, le désaveu du Directeur Général a débouché sur une gestion parallèle contestée. La Société Civile dénonce l’ouverture d’un bureau de représentation à Kisangani ainsi que la création d’auditoires délocalisés à travers divers territoires de la province. Selon les forces vives, l’ensemble des frais académiques et administratifs générés par ces antennes informelles ne regagne ni les caisses centrales de l’établissement à Yangambi, ni le Trésor public via la tutelle.

La déclaration de la Société Civile formule trois griefs majeurs et circonstanciés :

– Le détournement systématique des fonds d’investissement : Les frais collectés au titre de l’effort de construction et de l’acquisition d’outils informatiques — initialement destinés au site propre de Yangambi — servent, selon la déclaration, de bourses d’études de troisième cycle au profit du Chef de Travaux désavoué et de son cercle d’acolytes.

– La prolifération d’agents fictifs : L’engagement quotidien et opaque de nouvelles recrues sur le site de Kisangani, au détriment des normes de recrutement.

– Une budgétisation clientéliste : La rémunération de réseaux d’affiliations partisanes, qui étouffe le droit des agents légitimement matriculés. Ces derniers, en poste à Yangambi depuis plus de 15 ans, continuent de faire fonctionner l’institution au quotidien sans percevoir la moindre rémunération.

Face au vide institutionnel, la réaction locale a pourtant fait la preuve de son efficacité. La Société Civile Forces Vives salue et valorise le travail remarquable accompli par le comité de crise mis en place par le personnel de l’ISTM-Yangambi. En l’espace de deux ans seulement, et grâce à une gestion rigoureuse appuyée sur les recettes locales, ce comité a réussi un véritable exploit : l’érection du tout premier bâtiment historique de l’ISTM-Yangambi conçu entièrement en matériaux durables. Ce complexe, comprenant quatre grands auditoires et des bureaux administratifs, se trouve actuellement en phase de finition.

Cette dynamique citoyenne se heurte néanmoins à un blocage institutionnel persistant : depuis plus de deux ans, le BATAM (Bâtiment Administratif) de l’ISTM-Yangambi demeure sous scellés ou totalement fermé, paralysant l’épanouissement complet de la communauté académique.

Un ultimatum de 30 Jours avant l’action Judiciaire

Déterminée à ne plus se cantonner au rôle de simple spectatrice de la déchéance de son patrimoine éducatif, la Société Civile Forces Vives de Yangambi fixe une ligne rouge. Elle accorde un délai strict de 30 jours, à dater de la réception officielle de sa déclaration, à Madame la Ministre de l’ESURSI pour prendre deux mesures conservatoires et structurelles urgentes :

– La nomination par arrêté officiel d’un Comité de Gestion légalement constitué, reconnu pour son intégrité et sa compétence professionnelle.

– L’ouverture immédiate d’un audit financier et organisationnel approfondi, couvrant la gestion du siège de Yangambi ainsi que l’ensemble des antennes délocalisées.

Passé ce délai de grâce, la Société Civile annonce qu’elle prendra l’ensemble de ses responsabilités citoyennes. Elle se réserve le droit d’activer les voies légitimes de droit en saisissant les juridictions compétentes, notamment le Parquet et l’Inspection Générale des Finances (IGF).

Parallèlement, des missions de contrôle citoyen seront directement dépêchées dans les antennes délocalisées afin d’exposer publiquement les circuits financiers occultes, les réseaux de captage d’argent et les mécanismes de mécanisation clientéliste. Le compte à rebours est désormais lancé pour la tutelle.

Rédaction


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