
Briser le silence, faire sauter les verrous des tabous et armer la jeunesse de savoirs essentiels : tel est le défi relevé avec brio par l’ABEF-ND Tshopo en cette Journée mondiale de la contraception. Ce 26 mai, l’effervescence était palpable au Centre Monaco de l’Université de Kisangani. Face à un parterre captivé d’étudiantes et d’étudiants, l’Association pour le Bien-Être Familial – Naissances Désirables a orchestré une conférence-débat magistrale pour rappeler une vérité fondamentale : l’autonomie d’une nation commence par la maîtrise que chaque individu exerce sur sa propre vie. Réunissant les plus grandes figures de la santé de la reproduction de la province, l’ABEF-ND a réaffirmé son rôle de phare et de pionnier dans le combat pour une planification familiale moderne, gratuite et accessible à toutes et tous.
Placée sous le thème provocateur et inspirant : « Une contraception accessible et choisie : pour la santé, l’autonomie, l’avenir de chaque jeune, chaque femme et chaque famille », cette initiative marque une étape décisive dans le combat contre les grossesses non désirées et la précarité familiale au cœur de la province de la Tshopo.
L’événement a été marqué par des interventions d’une grande clarté pédagogique. Parmi les intervenants de premier plan, Dr Thérèse-Marie Mokaria, Coordonnatrice provinciale du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR-Tshopo), a plaidé avec conviction pour la démocratisation de l’information auprès de la jeunesse universitaire et scolaire.
« Nous voulons augmenter le nombre de femmes qui bénéficient de la planification familiale. Et il était aussi important aujourd’hui que les étudiantes et autres jeunes filles soient sensibilisées sur la planification familiale et les différentes méthodes contraceptives. À l’heure actuelle, nous ne devons plus faire de cette question un tabou et réservée uniquement aux femmes mariées. Les étudiantes et jeunes filles doivent aussi être informées pour éviter les grossesses non désirées et précoces », a martelé le Dr Mokaria.
Ce plaidoyer direct s’attaque aux stéréotypes culturels et positionne l’éducation à la santé reproductive comme un pilier fondamental de la réussite académique et de l’émancipation féminine.


L’ABEF-ND ne s’arrête pas aux discours. Sous la conduite éclairée de son Coordonnateur provincial dans la Tshopo, Dr Didier Kamanga, l’organisation met en place une stratégie globale alliant sensibilisation communautaire et accès effectif aux soins de santé.
En marge de la conférence-débat, des services d’offre de méthodes contraceptives modernes ont été déployés dans plusieurs structures de santé partenaires réparties à travers les différentes aires de santé de la province.
« Pour mieux célébrer cette journée, nous avons organisé cette conférence-débat pour présenter les avantages de la planification familiale et faire connaître les méthodes contraceptives modernes que nous mettons à la disposition de la population », a explicité Dr Didier Kamanga. « Mais au-delà des échanges, nos équipes et partenaires sur le terrain sont déjà opérationnels pour offrir gratuitement les services et méthodes choisis par les femmes et couples. Notre objectif est que ces étudiantes, une fois informées, deviennent des ambassadrices auprès de leurs paires ».
L’objectif affiché par le leadership de l’ABEF-ND est clair : transformer les participantes et participants en véritables ambassadeurs du changement. En étant informées, les étudiantes deviennent des relais d’information essentiels au sein de leurs communautés.

Au-delà des aspects purement médicaux, l’intervention du Dr Didier Kamanga a mis en lumière la dimension économique et sociale de la santé de la reproduction. La planification familiale y apparaît non pas comme une contrainte, mais comme un puissant moteur de développement provincial.
Le Dr Didier Kamanga a résumé cet enjeu socio-économique majeur :
« Quand les naissances s’enchaînent sans planification, l’autonomisation de la femme devient très difficile. La famille fait face à des contraintes financières majeures : difficultés à scolariser, nourrir et soigner correctement tous les enfants. La planification familiale est une question essentielle que chaque foyer doit s’approprier pour s’épanouir et contribuer activement au développement de la Tshopo ».
D’où , il faut privilégier :
– L’épanouissement familial : Espacer les naissances permet d’assurer une meilleure prise en charge nutritionnelle, médicale et éducative pour chaque enfant.
– L’autonomisation des femmes : Permettre aux femmes de choisir le moment de maternité favorise leur maintien dans les parcours universitaires et leur insertion professionnelle.
– Le progrès communautaire : Des familles stables financièrement et en bonne santé contribuent directement à la dynamique économique et au bien-être collectif de la province de la Tshopo.

Dr Thérèse-Marie Mokaria
Par cette mobilisation exemplaire au Centre Monaco de l’Université de Kisangani, l’ABEF-ND réaffirme sa position de leader engagé sur le terrain de la santé de la reproduction. Grâce à une vision moderne, inclusive et proactive, l’association démontre qu’investir dans la jeunesse et la santé des femmes constitue le plus court chemin vers un avenir prospère pour toute la communauté.
Loin des simples discours d’intention, l’association prouve sur le terrain qu’une vision audacieuse, alliée à une proximité humaine sincère, peut transformer des vies et briser des tabous séculaires. En offrant aux jeunes et aux femmes les clés de leur propre avenir à travers l’éducation, le libre choix et l’accès gratuit à des soins de qualité, l’ABEF-ND ne se contente pas de protéger la santé maternelle : elle bâtit les fondations d’une société plus forte, plus instruite et plus prospère.
L’appel est désormais lancé à toute la population de la Tshopo : s’approprier les services de planification familiale mis à disposition gratuitement, lever le voile sur les tabous et bâtir, ensemble, des familles épanouies et fortes.
Jerry Lombo
