Tshopo : Soutien à Lendongolia ou défense de la stabilité des institutions, prôné par le Chef de l’État ? Patrick Matata tranche à Kisangani

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À Kisangani, la scène politique provinciale ressemble souvent à un théâtre d’ombres où les alliances se font, se défont et se prêtent à toutes les interprétations. Au cœur des discussions ces derniers jours : la posture de Patrick Matata Makalamba. Qualifié par certains d’être devenu le « bouclier » du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, le député national a profité d’un point de presse animé ce 11 septembre 2026 dans la ville symbole pour remettre l’église au centre du village.

Face aux journalistes boyomais, l’élu de Kisangani s’est voulu catégorique. Il ne s’agit ni de courtisanerie, ni de jouer les porte-paroles de circonstance. « Ça n’a rien à voir avec quelqu’un qui se retrouverait au pouvoir », a martelé Patrick Matata Makalamba pour couper court aux rumeurs d’alignement aveugle.

Rappelant son appartenance à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parlementaire a recentré son discours sur la discipline politique et la vision nationale. En soutenant l’exécutif provincial, il affirme simplement appliquer la ligne dictée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo : garantir la stabilité des institutions pour permettre le développement.

Pour comprendre la position de Patrick Matata, il faut observer l’histoire récente de la Tshopo. Devant sa base électorale, le député avait déjà dressé un constat alarmant en rappelant que la province a vu défiler cinq gouverneurs en l’espace de dix ans. Cette volatilité institutionnelle chronique a eu un prix fort.

D’abord, elle a provoqué une paralysie administrative marquée par des projets de développement sans cesse interrompus au gré des remaniements. Ensuite, elle a engendré un important gaspillage d’énergie, obligeant les gouverneurs à passer plus de temps à sécuriser leur siège qu’à gérer les affaires publiques. Enfin, cette instabilité a nourri une profonde frustration populaire auprès d’une population boyomaise qui attend désespérément des retombées concrètes sur le plan socio-économique.

Pour l’élu national, le calcul est simple : la Tshopo ne peut plus se payer le luxe d’une crise politique permanente. Accorder au gouverneur en exercice, Paulin Lendongolia, un climat de travail serein et durable ne relève pas de la sympathie personnelle, mais d’une nécessité stratégique.

Sans la menace constante d’une motion de destitution, l’exécutif provincial se retrouve au pied du mur, face à ses responsabilités. La stabilité n’est pas un chèque en blanc, mais le préalable indispensable pour juger une action politique sur la durée et répondre enfin aux urgences de la population de la Tshopo.

Jerry Lombo


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