
Il y a des journées parlementaires où la routine des débats s’efface soudainement devant l’éclat de la rigueur intellectuelle. La plénière du 24 juillet 2026 à l’Assemblée Nationale restera assurément gravée dans les annales de cette session extraordinaire. Alors que la chambre basse s’apprêtait à expédier la clôture des travaux dans la ferveur habituelle, sur fond de présentation du projet de loi d’habilitation par le ministre de la Justice, une voix s’est élevée pour recadrer l’échiquier juridique : celle du député national et universitaire de renom, le Professeur Patrick Matata.
Élu de la noble ville de Kisangani, cet esprit brillant a rappelé à la représentation nationale que la politique ne saurait s’affranchir des règles fondatrices de la République.
Une démonstration magistrale fondé sur la Charte suprêmeL’intervention du Professeur Matata s’est ouverte sur une sentence empreinte d’une sagesse politique rare :
« Dans la vie des nations, il arrive qu’on se trompe une fois, deux fois, trois fois, mais lorsqu’on se rend compte qu’on s’est trompé, il faut cesser de se tromper ».

Hon. Patrick Matata lors de son intervention
En quelques mots, le ton était donné. Avec la précision d’un orfèvre du droit, le député a braqué les projecteurs sur l’article 144 de la Constitution, combiné aux dispositions clé du règlement intérieur de la chambre basse (article 23, points 32 et 33)
Sa démonstration, fluide et implacable, a mis à nu une incohérence procédurale majeure : en période d’état de siège ou d’état d’urgence, la clôture automatique d’une session parlementaire est tout simplement contraire à l’esprit constitutionnel. La raison ? L’Assemblée et le Sénat ont la responsabilité républicaine permanente de contrôler, proroger tous les 15 jours ou mettre fin à cet état d’exception.
Casser les amalgames : La loi d’habilitation n’est pas synonyme de congé parlementaireLà où l’intervention du Professeur Patrick Matata prend une tournure succulente et éminemment pédagogique, c’est lorsqu’il désamorce le faux prétexte des vacances parlementaires. S’appuyant sur l’article 129 de la Constitution, l’élu de Kisangani a rappelé à l’assistance qu’accorder une loi d’habilitation au gouvernement pour légiférer par ordonnances-lois n’oblige en rien le Parlement à plier bagage.
« Même en pleine session, pour raison d’urgence, le Parlement peut habiliter le gouvernement », a-t-il martelé avec conviction. Il n’y a donc aucun lien de cause à effet entre l’octroi d’une habilitation exécutive et le départ précipité des élus en vacances.

Par ce coup d’éclat doctrinal, l’honorable Patrick Matata a prouvé qu’il incarne cette race de parlementaires dont la RDC a grandement besoin : des tribuns capables de concilier patriotisme, maîtrise technique et courage politique. Fierté de sa circonscription de Kisangani, le Professeur ne s’est pas contenté de faire de la figuration ; il a rappelé aux gouvernants que le respect du texte fondamental est le seul véritable garde-fou contre la dérive des institutions.
Une intervention lumineuse qui résonne encore sous les voûtes du Palais du Peuple et confirme le statut de l’honorable Patrick Matata comme l’un des esprits juristes les plus aiguisés de sa génération.
Jerry Lombo
