
C’est un véritable coup de tonnerre dans le ciel politique de la Tshopo. Ce lundi 29 juin 2026, le siège provincial du parti Ensemble pour la République a servi de cadre à un événement majeur : la naissance officielle de la Coalition Article 64 (C64) à Kisangani. Devant un parterre de journalistes, de militants et de figures de la société civile, Me Madeleine Kitembo, Coordonnatrice Adjointe d’Ensemble|Tshopo, a porté la voix des forces vives du changement en assénant un mémorandum au vitriol contre toute tentative de révision constitutionnelle.
Au-delà d’une simple déclaration, c’est un véritable manifeste de résistance et un appel à la mobilisation générale pour la grande marche du 8 juillet prochain qui viennent de secouer la province.
C’est avec une gravité palpable que Me Madeleine Kitembo a brossé le tableau sombre d’une République Démocratique du Congo en proie à des crises multisectorielles. Pour la coalition naissante, le pays traverse une zone de fortes turbulences où le social, l’économie et les institutions patogent.
« Constatant la dégradation continue de la situation sécuritaire, politique, économique, sociale et institutionnelle en République démocratique du Congo…», a martelé Madeleine Kitembo.

La coalition a mis un accent particulier sur le drame absolu qui se joue dans l’Est du pays. Entre l’agression rwandaise, l’occupation de pans entiers du territoire national par les rebelles du M23, les massacres incessants des populations civiles et le calvaire de millions de déplacés internes, le constat est sans appel : l’urgence absolue est à la paix, pas aux tripatouillages juridiques.
Face à ce qu’elles qualifient de dérives intolérables, l’opposition politique, les organisations sociales et les mouvements citoyens de la Tshopo ont décidé de s’unir sous une seule et même bannière. La création du Secrétariat Exécutif Provincial de la Coalition Article 64 (C64) à Kisangani se veut le rempart ultime contre les dérives dictatoriales.
L’objectif affiché est d’une clarté limpide : faire échec par tous les moyens légaux à toute tentative de renverser l’ordre constitutionnel. La coalition accuse frontalement le pouvoir en place de vouloir contourner, violer ou modifier la loi fondamentale dans l’unique but d’instaurer un pouvoir personnel et à vie au sommet de l’État.


Sur ce point, la C64 oppose trois vérités cinglantes aux partisans de la révision : D’abord, elle soutient que la constitution actuelle est parfaitement adaptée aux réalités congolaises. Ensuite, elle prévient que toucher à ce texte sacré dans un contexte d’agression extérieure risquerait d’ouvrir la boîte de Pandore de la balkanisation. Enfin, elle rappelle que le changement de constitution n’est en rien la priorité d’un peuple qui réclame du pain, la sécurité et la justice au quotidien.
Le point culminant de cette déclaration restera sans doute cette envolée lyrique et métaphorique, typique de la verve politique congolaise, qui a électrisé l’assistance :
« En République Démocratique du Congo, il ne s’agit pas d’un Empire, encore moins d’un Royaume. À chacun son tour chez le coiffeur ! Et lorsque l’heure est arrivée, il est bien beau de dégager ». Un message direct, tranchant et sans filtre adressé aux tenants du pouvoir pour leur rappeler le principe sacré et non négociable de l’alternance démocratique.


En conclusion, Me Madeleine Kitembo a lancé un appel vibrant à la conscience collective et au sursaut patriotique des Boyomaises et Boyomais. En s’identifiant aux villes martyres et résilientes du pays, de Goma à Bukavu, en passant par Kindu, Bunia, Kinshasa, Kolwezi et Uvira, la coalition a fait vibrer les cordes de l’hymne national pour exiger que la RDC retrouve enfin ses lettres de noblesse.
Le rendez-vous est officiellement pris pour le mercredi 8 juillet 2026. La Coalition C64 appelle la population de Kisangani à faire bloc et à descendre massivement dans la rue pour dire un « NON » historique au changement constitutionnel. Le bras de fer politique est lancé, et la Tshopo s’annonce déjà comme l’un des épicentres de la contestation.
Rédaction
