Pas de round électoral à Kisangani à la Ligue de Boxe : Entre manœuvres de coulisses, colère des athlètes et suspension générale, le noble art plonge en pleine tempête

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Initialement prévu ce dimanche 19 juin 2026, le scrutin tant attendu devant déboucher sur l’élection des nouveaux membres de la Ligue de Boxe de la Tshopo (LIBOTSHOPO) a tourné au fiasco politique majeur, plongeant la communauté sportive de Kisangani dans la stupéfaction la plus totale. En lieu et place des urnes, des bulletins de vote et des accolades de victoire, c’est un parfum de crise et de révolte qui s’est abattu sur le lieu de l’assemblée, transformant une journée censée célébrer la démocratie sportive en un véritable champ de bataille idéologique.

À l’origine de ce séisme qui secoue le monde des gants et des rings, on retrouve une décision radicale et sans précédent de l’autorité publique de tutelle. Le Chef de Division intérimaire des Sports a choisi de jeter le gant de manière spectaculaire en annonçant la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités liées à la boxe sur l’ensemble de la province de la Tshopo suite à la situation délétère qui entoure ce processus.

Cette sentence administrative, tombée tel un couperet, a eu pour effet direct d’annuler purement et simplement le processus électoral qui était pourtant déjà sur les rails.

Cette intervention de l’État a agi comme une étincelle sur un baril de poudre, confirmant les rumeurs de vives tensions qui couvaient en coulisses depuis de nombreuses semaines au sein de la grande famille de la boxe boyomaise.

L’annonce de la suspension n’a pas calmé les esprits, bien au contraire, elle a provoqué un rassemblement immédiat et spontané d’une ampleur rarement vue à Kisangani. Venus en masse, les athlètes représentant les différents clubs de boxe de la région ont pris d’assaut les abords de la salle qui devait abriter les joutes électorales. Loin de s’en prendre à l’autorité publique, les boxeurs boyomais ont transformé le parvis en une tribune de contestation pacifique mais particulièrement déterminée, bien décidés à faire entendre la voix de la base.

Brandissant des affiches improvisées et des calicots confectionnés à la hâte, les boxeurs ont publiquement manifesté leur gratitude envers le Chef de Division Provincial des Sports. Pour ces jeunes athlètes qui s’entraînent chaque jour dans des conditions parfois difficiles, cette décision de suspension est perçue comme un véritable acte de sauvetage face à ce qu’ils qualifient déjà de parodie électorale orchestrée en haute sphère.

Au cœur de la tempête et de la colère des athlètes se trouve une cible bien précise : le bureau sortant de la ligue et son leader. Les manifestants n’ont pas mâché leurs mots, scandant des slogans hostiles pour désavouer massivement leur ancienne équipe dirigeante qu’ils jugent déconnectée des réalités du terrain.

Selon les témoignages et les revendications des boxeurs massés sur le pavé, le président sortant est ouvertement accusé de tenter de forcer la tenue de cette élection par des manœuvres frauduleuses en coulisses, dans l’unique but de s’éterniser au pouvoir et de verrouiller les instances décisionnelles de la LIBOTSHOPO.

Pour les pratiquants, qui réclament un renouvellement total de la classe dirigeante et un nouveau souffle pour leur discipline, le KO technique infligé par l’administration est une bénédiction qui permet de stopper net un processus qu’ils estiment biaisé, illégitime et non représentatif de la volonté des véritables acteurs du ring.

Alors que les gants sont désormais suspendus aux vestiaires par décision hiérarchique et que les rings de la Tshopo sont condamnés au silence, l’avenir de la discipline s’inscrit en pointillés. Si cette suspension administrative offre une opportunité inespérée de remettre les compteurs à zéro et d’assainir la gestion de la ligue, elle pénalise également les boxeurs qui se retrouvent privés de compétitions officielles à un moment charnière de la saison.

La province de la Tshopo, historiquement connue pour être un vivier intarissable de puncheurs redoutables et de champions au grand cœur, se retrouve aujourd’hui prise en otage par ses propres démons politiques. Le combat pour le contrôle légitime de la LIBOTSHOPO ne fait que commencer, et le prochain round décisif ne se jouera pas sur le ring à coups de poings, mais bel et bien dans les bureaux de l’administration publique à coup de textes juridiques et de négociations.

Pierre Koy


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