Tshopo|Cap Vers l’Excellence pour la COCUCT : Outillée par l’ONGD TRIAS face aux exigences OHADA, la COCUCT lève les verrous administratifs et juridiques pour concilier rentabilité du cacao et résilience climatique

Spread the love

Clap de fin pour un marathon de réflexion et de structuration. Ce jeudi 21 mai 2026, la salle de Gradi Jeune a servi de cadre à la clôture d’un atelier de renforcement des capacités de trois jours. Organisé par l’ONGD TRIAS, cet événement crucial était destiné aux cultivateurs de cacao membres de la Coopérative des Cultivateurs de Cacao de la Tshopo (COCUCT). L’objectif ? Transformer l’organisation en un modèle de gouvernance et de durabilité.

Le projet « P4F Tous pour la Forêt » : Allier économie et écologie

Au cœur de cette initiative se trouve une ambition noble et vitale pour la région : la mise en œuvre du projet P4F Tous pour la Forêt . Ce programme d’envergure fédère un ensemble d’acteurs stratégiques pour accompagner les producteurs locaux. L’idée maîtresse est simple mais ambitieuse : doter les cultivateurs de cacao d’outils performants pour rentabiliser leur activité tout en réduisant durablement la pression humaine autour des massifs forestiers.

Pour la COCUCT, qui aspire à s’imposer comme une coopérative de premier degré, ces trois jours ont d’abord été le moment d’un grand examen de conscience.

La méthode SPIDER : Cinq domaines clés passés au crible

Pour guider les participants à travers les méandres de l’auto-évaluation, l’ONGD TRIAS a déployé son outil de diagnostic phare : le modèle SPIDER. Charles Halarde Mukoma, conseiller en entrepreneuriat et inclusion sociale à l’ONGD TRIAS en Afrique centrale, explique la méthodologie employée :

« Il s’agissait pour nous de faire un diagnostic organisationnel et une évaluation de capacité de la COCUCT. Grâce à notre outil SPIDER, nous avons passé au crible les forces, les faiblesses, les problèmes et les pistes d’amélioration à travers cinq domaines de capacité fondamentaux ».

Charles Halarde Mukoma

L’ossature de ces trois jours de formation a reposé sur des thématiques cruciales :

– L’inclusion Sociale : Veiller à ce que chaque membre, sans distinction, trouve sa place et sa voix au sein de la structure.

– Le changement climatique : Évaluer la capacité des producteurs à s’imprégner des réalités climatiques, à identifier les aléas qui menacent leurs milieux de vie ainsi que leurs champs de cacao, et à s’y préparer efficacement.

– Le leadership organisationnel : Travailler sur l’humain pour faire émerger des dirigeants sérieux, capables de porter des organisations solides.

– La prestation de services : Analyser comment, à quel degré et à quel niveau les leaders rendent service aux membres, le but ultime d’une coopérative étant le bénéfice de sa base.

– Le lobbying et plaidoyer : Pousser la COCUCT à défendre activement les intérêts de ses membres en intégrant des réseaux thématiques aux niveaux provincial, national et international.

Le défi de la conformité OHADA : Sortir de L’informel

L’un des plus grands chantiers de cet atelier reste sans conteste la mise en conformité juridique et financière. En République Démocratique du Congo, le paysage agricole regorge de structures qui s’autoproclament « coopératives » sans en posséder la rigueur légale.

L’Afrique partage pourtant un cadre juridique commun : l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique), dont la RDC est un membre actif. Cet espace dicte un acte uniforme strict relatif au droit des sociétés coopératives.

L’atelier a donc mis un point d’honneur à aligner la gestion de la COCUCT sur ces normes, notamment à travers une comptabilité efficace et transparente.

Comme le souligne avec pertinence Charles Halarde Mukoma :

« Si du point de vue de la documentation et du point de vue législatif vous ne remplissez pas les conditions, cela constitue un frein. Nous voulons lever ces freins à l’égard de la COCUCT pour qu’elle ait accès aux financements que l’État et l’international mettent en œuvre en faveur des vraies sociétés coopératives ».

Les avantages de la conformité aux normes :

– Reconnaissance légale : Sortir de l’informel et agir en toute légalité.

– Accès aux financements : Éligibilité aux fonds étatiques et internationaux.

– Crédibilité accrue : Attirer des partenaires techniques et commerciaux.

– Levée des freins : Suppression des blocages administratifs et juridiques.

Cap vers l’impact réelLa finalité de ces trois jours de réflexion intense est la rédaction d’un Plan de Développement Organisationnel (PDO) solide. Ce plan ne sera pas un simple document de tiroir : il est calibré pour coller aux réalités directes des membres du terrain.

Lavilé Zumanigi : Coordon Programme TRIAS en Afrique Centrale

L’objectif à moyen terme (d’ici deux, trois ou quatre ans) est de générer un impact palpable et mesurable. Un impact qui se ressentira bien sûr dans la santé institutionnelle de la coopérative, mais qui viendra surtout améliorer le quotidien et les conditions de vie des producteurs agricoles de cacao à la base, membres de la COCUCT.

Des participants dynamiques et conscients de l’enjeu

Le succès de cet atelier repose également sur l’attitude exemplaire des participants. Qualifiés de particulièrement « dynamiques » par les formateurs, les membres de la COCUCT ont activement pris part aux débats. C’est d’eux-mêmes qu’ont jailli les grands éléments du diagnostic.

En refermant ses portes ce jeudi 21 mai 2026, l’atelier de la salle Gradi Jeune laisse derrière lui bien plus que des cahiers de notes et des diagnostics : il laisse une feuille de route vers la prospérité. En choisissant d’armer les cultivateurs de la COCUCT des outils de la méthode SPIDER et des exigences du droit OHADA, l’ONGD TRIAS n’a pas seulement renforcé une structure, elle a semé les graines d’une véritable émancipation économique et environnementale.

L’avenir du cacao dans la province de la Tshopo ne se jouera plus dans l’ombre de l’informel ou de l’isolement, mais sous la lumière d’un leadership fort, d’une gestion transparente et d’un respect profond pour l’écosystème forestier à travers le projet Be Forest. La Coopérative des Cultivateurs de Cacao de la Tshopo (COCUCT) est désormais prête à changer le paradigme.

Jerry Lombo


Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *