
Le quartier Plateau Médical, d’ordinaire vibrant de son activité quotidienne, s’est transformé en un véritable champ de bataille urbain. Au cœur du litige : une concession de quatre hectares appartenant à l’Église kimbanguiste, située au Plateau Médical, devenue l’épicentre d’un conflit foncier qui menace l’équilibre social de la ville boyomaise.
Tout a basculé aux environs de 14 heures. Alors que les engins de chantier s’apprêtaient à entamer des travaux de lotissement au profit d’un acquéreur privé, la résistance s’est organisée de manière organique et brutale.
L’exécution de cette décision de justice, qui ampute la concession kimbanguiste d’une partie substantielle de ses terres, est perçue par la communauté locale comme une véritable spoliation. Les griefs sont nombreux et profonds :
– L’absence de contradictoire : Les habitants dénoncent un procès « fantôme ». Selon les témoignages recueillis sur place, aucun responsable officiel de l’Église kimbanguiste n’aurait été cité à comparaître ni associé à la procédure ayant abouti à ce verdict.
– Un sentiment d’injustice sociale : La concession n’abrite pas seulement des fidèles, mais aussi de nombreux déplacés de guerre. Pour ces vulnérables, ce lotissement n’est pas une simple opération immobilière, mais une menace d’expulsion pure et simple.

Le face-à-face entre les forces de l’ordre et la jeunesse de Simisimi a rapidement tourné à l’affrontement direct. Face à la détermination des manifestants, appuyés par les déplacés vivant sur le site, la Police Nationale Congolaise (PNC) a dû faire usage de tirs de sommation.
« C’était le chaos. Les enfants pleuraient, les mères couraient dans tous les sens pendant que les balles sifflaient en l’air pour nous disperser », raconte un habitant encore sous le choc.
Le bilan de cette après-midi de tension est lourd sur le plan social : plus de dix jeunes ont été interpellés et conduits vers les cachots de la police. Le spectre d’un drame humanitaire plane désormais sur le Plateau Médical, alors que la méfiance envers les institutions judiciaires atteint son paroxysme.

C’est dans ce climat délétère, où la poudre et la colère se mélangeaient encore, que l’honorable Freddy Yuma, député provincial de la Tshopo, élu de la ville de Kisangani, a choisi d’intervenir. Accompagné du ministre provincial de l’Intérieur, il a bravé la tension pour se rendre physiquement sur le terrain des opérations.
Devant une foule de plus de cent personnes, oscillant entre détresse et velléités de révolte, Freddy Yuma a su trouver les mots pour apaiser les esprits. Son message a été clair : la force ne doit pas primer sur le droit, et le droit ne doit pas ignorer l’humain.
Devant la population, l’honorable Freddy Yuma a pris ces engagements :
– Saisine des institutions : L’élu de la ville a promis de porter le dossier personnellement au pupitre de l’Assemblée provinciale.
– Médiation de haut niveau : Un plaidoyer sera mené directement auprès des autorités provinciales compétentes pour réexaminer la validité de la procédure judiciaire.
– Moratoire de sécurité : L’honorable a plaidé pour une suspension immédiate de l’exécution de la décision de lotissement, le temps qu’une étude approfondie soit menée.

Pour Freddy Yuma, l’enjeu dépasse largement les quatre hectares de terre. Il s’agit de préserver la paix civile à Kisangani. En s’impliquant ainsi, il réaffirme une vision politique basée sur le dialogue permanent et la protection des administrés contre les décisions jugées inéquitables qui pourraient plonger la ville dans l’instabilité.
À Simi-Simi, si le calme est revenu en fin de journée, il reste précaire. Les regards sont désormais tournés vers les autorités provinciales et l’Assemblée, avec l’espoir que l’intervention de Freddy Yuma marquera le début d’une résolution pacifique et juste pour toutes les parties prenantes.
Le dossier foncier du quartier Plateau Médical est désormais un test de crédibilité pour la justice et la gouvernance locale.
Jerry Lombo
