Kisangani | Les Géants des Télécoms Traduits en Justice : L’honoroble Freddy Yuma a décidé de transformer la frustration de 2,7 millions d’habitants en une bataille judiciaire sans précédent

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Dans le tumulte de la vie boyomaise, où l’énergie de plus de deux millions d’âmes palpite au rythme du majestueux fleuve Congo, un silence numérique assourdissant s’est installé. Ce n’est pas le silence de la paix, mais celui de la frustration, de l’isolement et de l’injustice. Face à ce qu’il qualifie de défaillance systémique, l’honorable Freddy Yuma Abassi Meli, député provincial élu de Kisangani, a décidé de briser l’omerta en portant plainte devant le Procureur Général contre le triumvirat des télécoms : Airtel, Vodacom et Orange RDC.

Cet acte n’est pas qu’une simple formalité administrative ; c’est une véritable levée de boucliers contre des géants qui semblent avoir oublié que derrière chaque « bit » de donnée et chaque unité consommée, se trouve un citoyen dont les droits sont bafoués.

Kisangani, avec sa démographie galopante estimée à 2,7 millions d’habitants, est le cœur battant d’une province qui ne demande qu’à s’épanouir. Pourtant, ce cœur souffre d’arythmie. Le constat dressé par l’élu du peuple est sans appel :

– Une qualité en chute libre : SMS qui n’arrivent jamais, appels hachés, une connexion internet qui relève plus du mirage que du service.

– L’économie prise en orange tage : Dans une ère où le numérique est l’oxygène des affaires, les entrepreneurs, chercheurs et étudiants boyomais se retrouvent asphyxiés.

– Le mobile money, un paradoxe financier : Comment justifier que les tarifs de transfert d’argent mobile soient parfois supérieurs à ceux des institutions bancaires traditionnelles ? C’est une pression financière démesurée sur les bourses les plus modestes.

L’honorable Freddy Yuma n’invoque pas seulement son ressenti d’usager, il manie le droit avec la précision d’un scalpel. Sa plainte repose sur un socle législatif robuste :

– La Constitution (Articles 23 et 24) : La communication n’est pas un luxe, c’est un droit lié à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. Priver un citoyen de réseau, c’est lui bander les yeux et lui bâillonner la bouche.

– La loi de 2002 : Elle impose des obligations de continuité, de qualité et d’accessibilité. Trois piliers qui semblent aujourd’hui en ruine à Kisangani.

– Le Code Pénal (Article 96) : En visant cet article, le député souligne la gravité des faits. On ne parle plus de simples « bugs techniques », mais d’infractions pénales nuisant à la collectivité.

“Ces désagréments sont d’autant plus préoccupants qu’ils interviennent dans une province dont la demande en connectivité s’avère vitale pour son développement”.

La démarche de Freddy Yuma Abassi Meli est un signal fort envoyé à l’ARPTC (Autorité de Régulation) et aux opérateurs. Kisangani refuse d’être la zone d’ombre sur la carte de la modernité. Les attentes sont claires et fermes :

– Enquête approfondie pour mettre à nu les causes de cette dégradation.

– Établissement des responsabilités sans complaisance.

– Sanctions exemplaires pour contraindre les opérateurs à respecter leurs cahiers des charges.

Derrière cette plainte, c’est toute une population qui attend de savoir si elle compte réellement pour ces entreprises qui engrangent des profits colossaux sur le sol congolais. Le Procureur Général est désormais saisi d’un dossier qui dépasse le cadre commercial pour devenir un enjeu de dignité nationale.

Pour les Boyomais, l’espoir est que cette action judiciaire ne soit pas un simple coup d’épée dans l’eau, mais le début d’une ère où le signal réseau sera enfin à la hauteur des aspirations de cette ville historique. La balle est dans le camp de la justice.

Jerry Lombo


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