RDC|Sénat : Le Sénateur Jean Bamanisa Saïdi veut soumettre les accords internationaux de la République au réflecteur budgétaire du parlement

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Sous les lambris dorés du Palais du Peuple, l’atmosphère de la Chambre haute a pris une tournure hautement stratégique. Alors que le Sénat de la République démocratique du Congo siégeait en plénière pour examiner une batterie de projets de loi autorisant la ratification d’accords internationaux majeurs, une voix de poids s’est élevée. Le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, figure de provenance de la rigueur managériale et fine lame de la gouvernance publique, a jeté un pavé dans la mare institutionnelle. Sa recommandation ? Contraindre le Premier ministre à présenter, à chaque session parlementaire, l’impact cumulé et réel des engagements internationaux sur le budget de l’État et sur le programme du Gouvernement.

À l’heure où la RDC multiplie les partenariats stratégiques mondiaux, l’élu de la Nation plaide pour la fin du pilotage à vue et exige une cartographie financière rigoureuse.

La séance du jour affichait un ordre du jour titanesque, touchant à la moelle épinière du développement national à travers la coopération économique, le commerce international, l’agriculture, les infrastructures, l’éducation technique, la santé ainsi que l’encadrement des PME et PMI.

Parmi les textes phares soumis à la sagacité des sages de la République figuraient en bonne place le projet de loi portant création de la Banque de développement Shelter Afrique, défendu avec poigne par le ministre d’État chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat comme un outil crucial pour résoudre la crise du logement en RDC. À cela s’ajoutaient des décisions majeures sur le commerce agricole stratégique, notamment deux accords de portée internationale visant à structurer et booster la filière cacao, un or brun en pleine expansion.

C’est précisément au carrefour de ces ambitions sectorielles que le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a choisi de poser un diagnostic systémique implacable.

Dans une plaidoirie d’une clarté chirurgicale, Jean Bamanisa Saïdi a rappelé les fondamentaux de la mécanique démocratique. Le Gouvernement n’obtient la légitimité de son action et son investiture qu’à travers un programme pluriannuel validé par le Parlement, lequel est ensuite adossé à une loi de finances annuelle.

Or, le sénateur souligne un paradoxe de taille. Dans la pratique actuelle, chaque accord international ou projet de loi est défendu de manière isolée par son ministre sectoriel, qu’il s’agisse de l’Urbanisme, de l’Agriculture ou des Finances. Cette approche en compartiments étanches empêche les parlementaires d’évaluer la charge financière globale qui pèse réellement sur le Trésor public.

« Chaque nouvelle loi, chaque traité bilatéral ou multilatéral ratifié modifie subtilement mais sûrement les équilibres macroéconomiques et les priorités budgétaires de l’État. Comment voter des crédits ou évaluer l’action gouvernementale sans une vision consolidée ? », s’interroge en substance l’élu.

Pour pallier cette opacité involontaire, Jean Bamanisa Saïdi a formulé une recommandation majeure qui pourrait redéfinir les rapports entre l’Exécutif et le Législatif. Il demande que le Chef du Gouvernement vienne en personne devant la Chambre haute, de manière périodique et systématique, à chaque session parlementaire.

Le but de ce grand oral serait de délivrer une communication officielle axée sur deux piliers principaux. D’une part, il s’agit de présenter l’évolution dynamique du programme gouvernemental face aux nouvelles réalités globales. D’autre part, le Premier ministre devra exposer l’impact budgétaire chiffré de toutes les lois adoptées et de tous les accords internationaux conclus par la République.Cette

Cette nouvelle chaîne de gouvernance permettrait de lier directement les accords internationaux au contrôle du Parlement grâce à une visibilité budgétaire totale.

Loin d’inventer une usine à gaz juridique, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi s’appuie sur les textes existants. Il a opportunément rappelé que le règlement intérieur du Sénat prévoit déjà un mécanisme permettant au Premier ministre de faire une déclaration solennelle devant les sénateurs, sans que celle-ci ne donne lieu à un débat partisan.

Ce que propose Jean Bamanisa Saïdi, c’est d’insuffler de la substance et de la régularité à cette disposition technique. Face à la multiplication des signatures de contrats de développement, cette démarche revêt désormais un intérêt hautement patriotique. Elle garantit que le Parlement, autorité budgétaire suprême, reste informé en continu de la trajectoire réelle des politiques publiques du pays.

À travers ce coup d’éclat intellectuel et technique, Jean Bamanisa Saïdi s’impose une nouvelle fois comme le gardien de l’orthodoxie financière et institutionnelle, rappelant que la souveraineté de la RDC se joue aussi, et surtout, dans la maîtrise absolue de ses engagements financiers mondiaux.

Jerry Lombo


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