Cap vers les normes OHODA : Le plan de restructuration de la COCUCT mené par l’ONGD TRIAS pour certifier, tracer et valoriser le cacao de la Tshopo à l’échelle internationale

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Le paysage agricole de la province de la Tshopo est en train de vivre un tournant historique. Ce mardi 19 Mai 2026 marque le lancement officiel d’un atelier stratégique de trois jours, une initiative de grande envergure portée par l’ONGD TRIAS à l’intention exclusive des cultivateurs de cacao membres de la Coopérative des Cultivateurs de Cacao de la Tshopo (COCUCT).

Derrière cet événement de grande envergure se cache une ambition claire : structurer la filière, décrocher la certification internationale, et propulser le cacao de la Tshopo directement sur les marchés mondiaux, tout en érigeant un bouclier vert pour la protection de la forêt équatoriale.

En finir avec l’ombre de Beni : Le cri d’indépendance de la Cocuct

Jusqu’aujourd’hui, le cacao de la Tshopo souffre d’un paradoxe frustrant : une production de qualité, mais invisible à l’échelle internationale. Faute d’organisations certifiées dans la zone, les producteurs locaux sont contraints de faire transiter leurs précieuses fèves par la région de Beni pour le marché mondial. Dominique Kasimba, Coordonnateur de la COCUCT, a dressé un état des lieux sans concession :

« Aujourd’hui, nous avons débuté un atelier axé dans un premier temps sur la structuration de notre coopérative qui va nous conduire à la certification au niveau international et aussi l’accès au marché du cacao. Dans notre zone, aucune organisation n’est certifiée. C’est pourquoi, quand il faut exporter notre cacao, on est obligé de le faire passer par la zone de Béni, là où il y a quand même des organisations certifiées ».

Dominique Kasimba,Coordon de la Cocuct

Désormais, grâce au partenariat stratégique avec « Be Forest » (Tous pour la Forêt), la coopérative a été mise en relation avec l’ONGD TRIAS. L’objectif est limpide : formaliser la structure, certifier les plantations de la Tshopo et briser les chaînes de la dépendance.Une

Une alliance financière et technique de stature mondiale

Cette mutation profonde bénéficie d’un alignement de planètes exceptionnelles. Le programme est soutenu techniquement et financièrement par le Fonds Britannique de Développement (Coopération Anglaise), à travers des structures de renommée telles que Palladium et Cross Boundary.L’apport

L’apport de TRIAS se concentre sur deux leviers majeurs :

– L’alignement au modèle OHADA : Une restructuration juridique et opérationnelle indispensable pour que la COCUCT soit reconnue à tous les niveaux comme une coopérative moderne et crédible.

– La traçabilité et la certification : Qu’il s’agisse des labels Fair Trade ou Rainforest Alliance, chaque plantation accompagnée par la COCUCT devra répondre aux normes internationales pour garantir un cacao traçable du champ jusqu’aux chocolateries européennes ou américaines.

2 000 membres représentés par des ambassadeurs du changement

Si la COCUCT compte aujourd’hui plus de 2 000 membres disséminés à travers les territoires de la Tshopo, la méthodologie choisie pour cet atelier repose sur l’effet multiplicateur. Une vingtaine de producteurs leaders ont été rigoureusement sélectionnés comme échantillons.Ces

Ces délégués ont pour lourde et noble mission d’assimiler les recommandations techniques de TRIAS afin de devenir des formateurs à leur tour. De retour dans leurs communautés respectives, ils répercuteront ces précieux outils pour que chaque cultivateur membre de la Cocuct ait une plantation validée par les certificateurs internationaux qui inspecteront la région dans un second temps.

« C’est ce qui a toujours été notre combat : réduire au maximum les intermédiaires entre les producteurs du cacao que nous sommes et les acheteurs au niveau international », martèle Dominique Kasimba. « Si les producteurs ont déjà un cacao certifié qui est bien vendu sans beaucoup d’intermédiaires, ça sera déjà un atout majeur pour eux, où ils peuvent subvenir aux besoins de leur famille sans beaucoup de difficultés ».

Économie prospère contre déforestation : Le pari vert de la COCUCT

Cette autonomisation financière porte en elle une promesse écologique majeure. En augmentant les revenus des planteurs grâce à un cacao mieux valorisé, la COCUCT veut couper l’herbe sous le pied de la déforestation. Plus besoin de détruire la forêt primaire chaque année pour planter du manioc ou du riz par nécessité de survie ; le cacao pérenne et certifié devient le moteur d’une économie stable et respectueuse de la nature.

À l’heure actuelle, la COCUCT déploie une activité intense dans le secteur de Lubuya-Bera (aux alentours de Kisangani), ainsi que dans les territoires de Banalia, Bafwasende et Ubundu. L’ambition à court terme est claire : conquérir de nouveaux horizons et s’étendre vers les territoires d’Opala et d’Isangi pour une production à grande échelle du cacao.

TRIAS et le projet Partnership for Forest : Allier profit et préservation

Présent à Kisangani pour ces travaux, Lavilé Zumanigi, Coordonnateur des Programmes au sein de TRIAS en Afrique Centrale, a recadré les enjeux de cette intervention qui s’inscrit dans le cadre du projet global « Partnership for Forest », prévu pour une durée de 5 ans dans la Tshopo.

« Ce projet vise un grand partenariat entre tous les acteurs qui évoluent dans la foresterie. C’est-à-dire qu’il faut profiter de la forêt tout en la protégeant », a précisé Lavilé Zumanigi. « Le cacao est une culture pérenne à travers laquelle on peut avoir des revenus, mais qui préserve aussi la forêt. Nous sommes là pour renforcer les capacités de la COCUCT afin qu’elle devienne une coopérative forte, capable de produire et de commercialiser le cacao sans pour autant détruire la forêt ».

Cet atelier n’est que la première étape d’une longue marche. Au-delà de TRIAS, d’autres partenaires engagés dans le projet emboîteront le pas pour offrir un accompagnement holistique à la Cocuct.

Quelles attentes après l’atelier ?

Interrogé sur l’après-formation, le Coordonnateur des Programmes de TRIAS en Afrique Centrale se montre exigeant et optimiste. Il attend de la COCUCT une mise en œuvre immédiate et rigoureuse des acquis :

« Ce que nous attendons, c’est que la COCUCT mette en œuvre toutes les informations qu’elle va recevoir de TRIAS, pour qu’elle devienne une coopérative solide et capable de produire non seulement du cacao, mais de le commercialiser sans entrave sur le marché international ».

Un nouvel horizon pour la filière cacao Tshopolais

En se dotant des outils de la modernité juridique (OHADA) et des clés de la reconnaissance internationale (Certification), les producteurs de la COCUCT, main dans la main avec TRIAS et ses partenaires britanniques, s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire agricole de la Province de la Tshopo. Une page où le développement économique ne se fait plus au détriment de la nature, mais en parfaite harmonie avec elle.

Jerry Lombo


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