
Le vent du changement souffle-t-il enfin sur les artères de la commune de Lubunga ? C’est la question qui brûle toutes les lèvres depuis que l’entreprise adjudicataire du marché des travaux de voirie urbaine a décidé de sortir de son mutisme. Dans une démarche de transparence qui se voulait à la fois technique et apaisante, les délégués de la firme ont convié les forces vives de la commune à une rencontre cruciale.
Autour de la table, le décor était planté pour une confrontation d’idées nécessaire : la société civile Sauti ya Lubunga, le service de la jeunesse, les leaders des groupes de pression et les jeunes révolutionnaires de la commune. Face à eux, les représentants de l’entreprise ont dû justifier les zones d’ombre d’un dossier qui suscite autant d’attentes que d’impatiences.
L’objectif était clair : échanger sans tabou sur l’état d’avancement du projet et, surtout, expliquer les raisons du silence des moteurs alors que la population scrute l’horizon.
Après les joutes verbales et les exposés techniques, place au concret. La rencontre s’est muée en une véritable visite guidée, une immersion dans les entrailles logistiques du futur chantier. La délégation citoyenne a pu inspecter :
– Les carrières de sable et de gravier : Véritables poumons du chantier, ces sites ont été présentés comme les sources d’approvisionnement prêtes à alimenter les futures voiries.
– Le site administratif : Le bâtiment devant abriter le bureau de l’entreprise a également été visité, marquant une volonté d’ancrage physique de la société dans la commune.

Si ces explications techniques sur le retard du démarrage ont été entendues et suivies avec attention, elles n’ont pas pour autant agi comme un chèque en blanc.
Le message des leaders communautaires est sans équivoque. Si la pédagogie de l’entreprise est louable, elle ne saurait remplacer le vrombissement des engins. Le souhait de la population est unique : voir concrètement l’effectivité des travaux sur le terrain.
“Nous avons écouté, nous avons vu les préparatifs, mais ce que Lubunga attend, c’est le bitume, c’est la fin du calvaire routier”, laissait entendre un membre de la délégation.
L’optimisme reste toutefois de mise. Suite aux déclarations fermes des délégués de l’entreprise, un rendez-vous tacite est pris : la semaine prochaine. C’est à cette échéance que les promesses devront se transformer en actes visibles, sous peine de voir la frustration renaître de ses cendres.
Pour couronner cette journée d’échanges, la société civile Sauti Ya Lubunga a tenu à lancer un avertissement solennel aux autorités publiques. Dans un climat où le silence alimente souvent les rumeurs les plus folles, le manque de communication officielle est un luxe que la stabilité sociale ne peut s’offrir.

La recommandation est limpide : l’État doit communiquer davantage. Il est impératif de clarifier chaque étape du processus pour éviter les interprétations erronées qui sèment la confusion et la méfiance au sein de la population.
Lubunga observe, Lubunga attend, et surtout, Lubunga ne compte plus se contenter de mots. Le compte à rebours pour la semaine prochaine est officiellement lancé.
Jerry Lombo
