
Le Palais du Peuple a vibré, le jeudi 30 avril 2026, sous le poids d’une décision qui pourrait bien redéfinir les contours de l’histoire politique de la République Démocratique du Congo. Dans une atmosphère chargée d’électricité et de solennité, l’Assemblée Nationale a déclaré recevable la proposition de loi visant à organiser le référendum sur toute l’étendue du territoire national.
Ce texte, porté avec une conviction manifeste par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, n’est pas qu’une simple procédure législative supplémentaire ; il se veut le moteur d’une révolution institutionnelle destinée à encadrer enfin, avec une rigueur chirurgicale, l’exercice de la souveraineté populaire.
Depuis trop longtemps, un silence assourdissant entourait les modalités de consultation directe du peuple congolais. Paul-Gaspard Ngondankoy l’a rappelé avec force : cette proposition a pour mission sacrée de combler un vide juridique qui, tel une plaie béante dans l’édifice républicain, empêchait la mise en adéquation de la pratique législative avec les exigences impérieuses de la Constitution actuelle.
Il s’agit de donner un mode d’emploi à la démocratie directe, afin que le peuple ne soit plus un spectateur passif des joutes oratoires parlementaires, mais l’arbitre suprême de son propre destin.
C’est dans ce tumulte de réformes que la voix de l’honoroble Patrick Matata, élu de la ville de Kisangani, s’est élevée avec une résonance particulière lors de la plénière consacrée au débat. Pour ce tribun, la clarté est de mise : le pouvoir appartient au peuple, et il est temps de lui restituer son sceptre.
Le Professeur Patrick Matata a dépeint avec lucidité un pays fracturé par des questions existentielles qui divisent non seulement la classe politique, mais aussi les différentes strates de la société congolaise.
Pour lui, la loi sur le référendum est l’antidote miracle, le baume nécessaire pour atteindre les objectifs de cohésion nationale et transcender les clivages partisans qui paralysent trop souvent l’appareil d’État.
L’élu de Kisangani a poussé la réflexion plus loin, remettant en cause les tabous qui sanctuarisent certaines thématiques. Avec une audace qui a captivé l’hémicycle, il s’est interrogé sur la légitimité d’interdire au peuple l’accès à certaines matières. Pourquoi y aurait-il des domaines interdits au souverain primaire ?.
Le député Patrick Matata soutient mordicus que toutes les grandes questions de société, sans exception, méritent d’être soumises au verdict des urnes. Il a ainsi lancé un pavé dans la mare en évoquant la Constitution de 2006. Bien que ce texte soit issu des accords historiques de Sun City, il ne saurait, selon ses mots, instaurer une « tyrannie générationnelle ».
Le message est limpide : une génération ne peut lier indéfiniment les suivantes à des choix gravés dans le marbre d’un passé révolu. Cette vision d’une démocratie vivante et évolutive place désormais la République face à ses responsabilités.

La recevabilité de cette loi n’est que la première salve d’un processus qui s’annonce intense. Le texte a été transmis sans tarder à la commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), véritable laboratoire du droit congolais. Les membres de cette commission disposent désormais d’un délai de dix jours pour passer le texte au crible et présenter un rapport qui fixera les modalités définitives de cette consultation populaire tant attendue.
Alors que les regards se tournent vers la commission PAJ, le pays retient son souffle. Si cette proposition franchit les dernières étapes législatives, elle ouvrira une ère où le citoyen congolais, de Kinshasa à Lubumbashi, Kisangani à Bunia et de partout, pourra enfin faire entendre sa voix sur les enjeux qui engagent l’avenir de la nation.
C’est la promesse d’une fin de la politique des officines au profit d’une politique de la place publique, où le dernier mot reviendra, comme il se doit, à celui qui détient la légitimité ultime : le peuple lui-même.
Jerry Lombo
