
À l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, ce 16 avril 2026, la voix de la société civile s’est élevée depuis Kananga pour rappeler une vérité fondamentale : l’avenir du Kasaï-Central se joue aujourd’hui dans le cocon familial et sur les bancs de l’école.
Par une déclaration empreinte de fermeté et de compassion, Felicia Mushimakola, présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille (CCJF), a interpellé la conscience collective des parents centre-kasaïens. Son message est clair : la place de l’enfant n’est ni dans la rue, ni sur les chantiers, mais au cœur d’un encadrement sécurisé.
Dans une province où les défis socio-économiques poussent parfois les plus jeunes vers des activités de survie, Felicia Mushimakola a tenu à recadrer les priorités. Pour elle, l’exposition des enfants dans les lieux publics pour des raisons de mendicité ou de petit commerce est une dérive que la société ne peut plus tolérer.
« La place des enfants, c’est à la maison et à l’école, pas dans des places publiques », a-t-elle martelé.
Ce constat met en lumière une réalité amère : l’utilisation des enfants comme force de travail domestique ou économique, une forme moderne d’esclavage qui prive la jeunesse de son insouciance et, surtout, de son droit à l’éducation.
Le plaidoyer du CCJF ne se limite pas à une dénonciation ; il s’agit d’un véritable appel à la responsabilité parentale. Selon Mme Mushimakola, le parent est le premier rempart contre l’exploitation.Les piliers d’un bon encadrement :
– La Sécurisation : Protéger l’enfant des dangers extérieurs et de la manipulation.– L’Éducation : Garantir l’accès à l’école comme unique vecteur de promotion sociale.
– Le Refus de l’Inversion des Rôles : « Les enfants ne peuvent pas travailler à la place des parents », rappelle la présidente.
La célébration du 16 avril est aussi le moment de dénoncer les violences physiques et psychologiques qui brisent des vies dès le plus jeune âge. Le Kasaï-Central, à travers le Cadre de concertation de la jeune fille, se positionne comme un bouclier contre ces abus.
En condamnant fermement les maltraitances, Felicia Mushimakola souligne que chaque coup porté, chaque insulte et chaque privation de nourriture est un frein au développement de la province. Un enfant traumatisé aujourd’hui est un citoyen affaibli demain.
L’encadrement des enfants n’est pas qu’une affaire de sentiment, c’est une stratégie de développement. En investissant dans la jeunesse, le Kasaï-Central prépare sa future élite. L’appel de la présidente du CCJF résonne comme un cri d’alarme : si la cellule familiale démissionne, c’est tout l’édifice social qui s’écroule.
Le message de Felicia Mushimakola à la rédaction est une pierre jetée dans le jardin de chaque chef de famille. La Journée mondiale contre l’esclavage des enfants doit être, au Kasaï-Central, le point de départ d’une nouvelle ère.
Il est temps que les cris des enfants dans les marchés se transforment en chants d’écoliers, et que la sueur du travail forcé laisse place à la poussière des cours de récréation. Car, comme le rappelle si bien la présidente du CCJF, encadrer un enfant, c’est protéger l’avenir.
Doly Muntu
