
C’est dans le cadre solennel de l’aéroport international de Bangoka, porte d’entrée de la ville de Kisangani, que s’est joué ce jeudi 09 Avril 2026 un acte majeur pour l’avenir de la Tshopo. Dans un tête-à-tête dense et stratégique, le Président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le Dr Mateus Kanga Londimo, a échangé avec le Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, en mission officielle à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Loin des simples formalités, cette rencontre a été l’épicentre d’un plaidoyer d’une importance capitale : la mutation du processus d’indemnisation des victimes de la guerre vers une dimension collective et structurante pour toute la province.
Au cœur des discussions se trouve le dossier douloureux des activités illicites menées par l’Armée Ougandaise sur le sol congolais. Si la douleur des victimes est individuelle, le Dr Mateus Kanga Londimo est convaincu que la réponse doit être, en grande partie, communautaire.
Pour le premier des élus provinciaux, la réparation des préjudices subis ne doit pas se limiter à des compensations éparses, mais doit se cristalliser dans des œuvres d’intérêt général capables de transformer durablement le quotidien des Boyomais. En soutenant fermement les démarches de transparence impulsées par le ministre de la Justice, le Dr Mateus Kanga a orienté le débat vers une nécessité impérieuse : la priorité aux indemnisations collectives.
L’élément phare de ce plaidoyer est sans nul doute la proposition de financer les travaux de la centrale hydroélectrique de la Tshopo. Pour le Dr Mateus Kanga Londimo, il s’agit de l’exemple type du projet structurant capable de rendre justice à toute une population.
« Nous avons plaidé pour que la priorité soit accordée aux indemnisations collectives, notamment le financement des travaux de la centrale hydroélectrique de la Tshopo », a-t-il déclaré avec conviction.
Transformer les fonds de réparation en mégawatts, c’est offrir à la Tshopo la clé de son essor économique. En réhabilitant cette infrastructure vitale, l’indemnisation ne serait plus seulement un souvenir du passé, mais un moteur pour l’avenir, éclairant les foyers et alimentant les industries locales.

La rencontre a également permis aux deux personnalités de passer au crible le fonctionnement du FRIVAO (Fonds de Récupération des Indemnités Victimes des Activités de l’Ouganda). La mission de Guillaume Ngefa à Kisangani s’inscrit d’ailleurs dans cette volonté de traiter les dossiers avec une rigueur accrue.
Les défis de l’administration de la justice dans la province de la Tshopo ont été évoqués sans détour. Le Dr Mateus Kanga a réitéré le soutien de l’Assemblée provinciale aux efforts du gouvernement pour garantir que chaque victime soit entendue et que le processus ne souffre d’aucune zone d’ombre.
Face à ce plaidoyer vibrant, le ministre Guillaume Ngefa a tenu à rassurer son interlocuteur et, à travers lui, toute la population de la Tshopo. Il a réitéré l’engagement ferme du gouvernement congolais à mener ce processus d’indemnisation jusqu’à son terme, avec deux boussoles majeures : la transparence et l’équité.
L’objectif est clair : répondre aux attentes des victimes tout en veillant à ce que les fonds servent réellement à réparer les préjudices et à promouvoir le développement socio-économique de la province.
L’initiative du Dr Mateus Kanga Londimo marque un tournant dans la gestion des séquelles de guerre à Kisangani. En liant la réparation des victimes à des projets d’envergure comme la centrale de la Tshopo, il démontre une vision politique où la justice devient le socle du développement.
Ce tête-à-tête de Bangoka laisse entrevoir une lueur d’espoir pour la province : celle d’une réparation qui ne se contente pas de panser les plaies, mais qui reconstruit les fondations d’une Tshopo prospère, résiliente et, enfin, lumineuse.
Rédaction
