
La ville de Kisangani, autrefois surnommée « Boyoma la Belle », est-elle en train de perdre son âme sous le poids de l’anarchie ? C’est, en substance, le constat amer dressé par l’honorable Freddy Yuma, député provincial de la Tshopo, élu de la ville de Kisangani. Dans une sortie médiatique musclée, l’élu de la ville dénonce la prolifération sauvage des kiosques et terrasses qui défigurent désormais la ville de l’espoir.
Le constat est sans appel : Le long des artères principales, là où la fluidité devrait être la règle, s’érigent des structures de fortune, bâties au mépris des plans d’urbanisme. Le centre-ville, cœur battant de l’économie locale, est devenu le théâtre d’un désordre sans nom où une multiplication incontrôlée de structures précaires dicte sa loi.
« On érige désormais n’importe quoi, n’importe où », semble s’insurger Freddy Yuma. “La ville subit une prolifération anarchique de kiosques et de terrasses qui ne répondent plus à aucune norme. Ce n’est plus une expansion commerciale, c’est une métastase urbaine”, a-t-il déclaré.
L’occupation de l’espace public a franchi une ligne rouge. Ces installations ne se contentent plus des recoins discrets ; elles s’imposent avec une audace déconcertante devant :
– Les édifices publics et bâtiments administratifs, bafouant le prestige de l’État.
– Les postes de police, défiant l’autorité sous son propre nez.
– Les abords des écoles et des églises, perturbant la quiétude nécessaire à l’éducation et à la méditation.
Plus inquiétant encore, l’honorable Yuma pointe du doigt une dérive sociétale : certains de ces kiosques, initialement commerciaux, se muent en véritables habitations informelles. Des individus y passent la nuit, transformant le domaine public en dortoirs improvisés, loin de toute norme d’hygiène ou de sécurité.
L’esthétique urbaine n’est pas la seule victime de cette anarchie. Pour l’honorable Freddy Yuma, c’est l’intégrité physique des Boyomais qui est en jeu :
– L’obstruction des trottoirs : Les piétons, dépossédés de leur espace naturel par ces constructions sauvages, n’ont plus d’autre choix que d’emprunter la chaussée.
– Le risque d’accidents : En marchant au milieu des véhicules, les usagers s’exposent à des risques élevés d’accidents.
L’honorable Yuma soulève également une question qui fâche : celle de la gestion des deniers publics. “Où va l’argent des taxes perçues par la mairie auprès de ces mêmes kiosques et pourquoi l’impact de ces prélèvements est-il invisible sur le terrain ?”, s’est interrogé l’élu de Kisangani.
Malgré les taxes, la ville s’enfonce dans l’insalubrité. Pour l’élu, le diagnostic est clair : la ville est victime d’une gestion caractérisée par la légèreté, la passivité et un laisser-aller chronique.

Face à ce qu’il qualifie de dérive urbaine, l’honorable Freddy Yuma ne se contente pas de critiquer ; il exige des réformes immédiates. Il appelle les autorités à sortir de leur léthargie pour :
– Instaurer un cadre réglementaire strict : Plus aucune installation ne doit être autorisée sans une étude préalable d’impact et d’esthétique.
– Identifier les constructions irrégulières : Un recensement exhaustif pour séparer le légal de l’anarchie.
– Passer au démantèlement : Une action de force nécessaire pour libérer les trottoirs et rendre à Kisangani sa splendeur d’antan.
“Si les autorités compétentes ne s’emparent pas de leurs responsabilités avec une rigueur renouvelée, c’est toute la sécurité et l’attractivité de la ville qui sombreront”, a-t-il déclaré.
L’avertissement de l’élu est sans équivoque : sans une action rapide et vigoureuse, la population continuera de payer le prix fort de ce laisser-aller. Kisangani est à la croisée des chemins. Entre la poursuite du chaos et le rétablissement de l’ordre républicain, le choix des autorités déterminera le futur de cette ville historique.
Rédaction

