Kisangani|Stationnement des Gros Véhicules : Embouteillages aux heures de pointe, le rond-point Makayabo dévore le temps

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À Kisangani, là où le fleuve murmure, la route, elle, hurle sa frustration. Entre la Commune Makiso et les quartiers périphériques, un point noir cristallise toutes les colères : le rond-point communément appelé « Dépôt Makayabo ». Ce qui devrait être une artère fluide vers l’hôpital du Cinquantenaire est devenu un véritable cimetière pour la ponctualité et la sécurité des Boyomais.

Le diagnostic est sans appel : le stationnement anarchique des gros véhicules le long de la chaussée a transformé cette route principale en un sentier étroit et impraticable. Aux heures de pointe, ces géants de fer, garés avec un mépris souverain pour le code de la route, créent un entonnoir mortel.

Pour les travailleurs, les élèves de la commune Kabondo ou les étudiants, franchir ce périmètre relève désormais du miracle quotidien. Le trajet domicile-école, autrefois prévisible, est devenu une loterie où l’on perd à tous les coups.

Le constat de terrain est glaçant. Des élèves et des étudiants arrivent en classe les traits tirés, l’esprit déjà épuisé par une lutte de plusieurs heures dans les transports bondés ou une marche forcée sous un soleil de plomb.

« Ma fille a quitté la maison à 11 heures, mais à 12h30, elle n’avait pas encore parcouru la moitié du chemin », confie avec amertume Juliette Banza, parente d’un élève à l’EDAP-ISP.

Ce retard n’est pas qu’une simple question de minutes perdues ; c’est un frein à l’apprentissage. Fatigue, stress et frustration s’invitent dans les salles de classe, là où seules la concentration et la sérénité devraient régner. Les performances académiques s’en trouvent inévitablement amputées.

Au-delà des agendas bousculés, le rond-point Makayabo est devenu une zone de haute insécurité routière aux heures de pointe. La congestion extrême, mêlant piétons, motos et camions dans un désordre indescriptible, engendre des accidents à répétition. Semaine après semaine, le bitume s’abreuve de l’imprudence forcée par l’absence de régulation.

Le spectacle est désolant : des files interminables de véhicules immobiles, des klaxons qui déchirent l’air, et une baisse de productivité globale pour une ville qui ne demande qu’à bouger.

Face à cette situation, les usagers ne décolèrent pas. Un cri d’alarme est lancé aux autorités politico-administratives de la province de la Tshopo.

– L’appel est clair et urgent : Le déploiement immédiat de la Police de Circulation Routière (PCR) pour réguler le flux au niveau du dépôt Makayabo.

– L’interdiction stricte du stationnement prolongé des gros véhicules sur la chaussée principale.

– L’aménagement de zones de déchargement appropriées pour libérer la voie publique.

Kisangani ne peut plus se permettre de rester stationnée. Il est temps que l’ordre revienne à Makayabo pour que les élèves retrouvent leurs bancs de classe à l’heure, et que les travailleurs puissent enfin servir la nation sans avoir à sacrifier leur santé mentale dans les embouteillages.

Sylvain Kaita


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