
Kisangani, le cœur de la Tshopo, retient son souffle. Alors que l’espoir de voir le mythique Stade Lumumba renaître de ses cendres animait la jeunesse sportive, une menace administrative de taille vient de surgir. À moins d’une semaine de la date butoir, plus d’un million de dollars destinés aux travaux risquent de s’évaporer dans les méandres de la bureaucratie bancaire.
Ce samedi 24 Janvier 2026, devant un parterre de journalistes boyomais, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de l’entreprise Impact Business Company (IBC) s’est dévoilé. Ce qui devait être un point de presse de routine sur l’avancement du chantier s’est transformé en un plaidoyer d’urgence pour la survie du projet.
Le constat est amer : malgré la signature, par le Ministre des Finances Doudou Fwamba, de l’Ordre de Paiement Informatisé (OPI) nécessaire au financement des travaux, l’argent reste bloqué. À la Banque Centrale, le décaissement n’est toujours pas programmé.

« Passé le 31 janvier, soit dans six jours, cet OPI retournera au ministère du Budget, obligeant à reprendre toute la chaîne de dépenses à zéro », a martelé le PCA d’IBC avec une gravité non dissimulée.
Le danger est technique mais dévastateur. En finances publiques, un OPI non exécuté avant la fin du mois budgétaire risque l’annulation ou le renvoi en fin de file. Pour la Tshopo, cela signifierait : Un arrêt immédiat des chantiers sur le terrain. Des mois de procédures supplémentaires pour obtenir un nouveau titre de paiement.
C’est un scénario catastrophe pour une province qui attend depuis plus de 8 ans de voir son stade réhabilité complètement.
Tous les regards se tournent désormais vers Kinshasa, et plus précisément vers le bureau du ministre des Finances, Doudou Fwamba. Digne fils de la Tshopo, le ministre Doudou Fwamba est appelé à intervenir pour débloquer ce verrou administratif à la Banque Centrale.
Mais le PCA d’IBC ne s’arrête pas là. Il sollicite également une union sacrée : Les députés nationaux de la Tshopo doivent hausser le ton dans les couloirs du pouvoir et les notables, la société civile doivent faire pression pour que l’OPI n°2022531 ne devienne pas un simple morceau de papier sans valeur.
Pour les sportifs de Kisangani, le Stade Lumumba n’est pas qu’un édifice de béton ; c’est le temple de leur passion, le lieu où se forgent les talents de demain. Voir ce million de dollars s’échapper par simple lenteur administrative serait perçu comme un affront, voire un abandon de la province par les institutions financières nationales.
L’OPI n°2022531 est aujourd’hui le matricule de l’espoir. Il reste six jours pour transformer ce papier en réalité sonnante et trébuchante. Six jours pour sauver le stade. Six jours pour que la Tshopo ne perde pas, une fois de plus, le match du développement.
Jerry Lombo
