Kasaï : Le cri du peuple et le devoir d’audace, gouverner au-delà des ombres

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La province du Kasaï ne murmure plus sa détresse ; elle la crie. Entre les terres fertiles mais isolées de ses territoires et l’effervescence étouffée de Tshikapa, un fossé se creuse, nourri par une inertie administrative qui semble avoir pétrifié le temps. Aujourd’hui, le Kasaï n’a plus besoin de gestionnaires de routine, mais de bâtisseurs de destin. La gouvernance par le constat a fait son temps ; l’heure est à la chirurgie politique.

Le constat est amer : le Kasaï ressemble davantage à un archipel de territoires isolés qu’à une province intégrée. Comment parler d’unité provinciale quand rejoindre le chef-lieu relève du parcours du combattant ? Ce manque de connexion territoriale n’est pas qu’un défi technique, c’est une hémorragie économique.

L’asphyxie rurale : Des tonnes de maïs et de manioc pourrissent dans l’arrière-pays faute de routes de desserte agricole.

Le paradoxe de la rareté : Tandis que les greniers des territoires sont pleins, les étals de Tshikapa sont vides ou hors de prix.

Le coût de l’isolement : Chaque kilomètre de bourbier ajoute une taxe invisible sur le prix final des biens de première nécessité, étranglant un pouvoir d’achat déjà exsangue.

Le Panier de la Ménagère : Une Bombe à retardement. Le panier de la ménagère est devenu, au Kasaï, le baromètre d’une colère qui gronde. Quand le prix du « mekopa » ou du sac de maïs fluctue au gré des caprices d’une logistique défaillante et d’une spéculation sans garde-fous, c’est la paix sociale qui est mise à prix.Cette

Cette instabilité n’est pas une fatalité climatique. Elle est le produit direct d’une absence de régulation et d’un abandon des circuits commerciaux aux mains de l’informel sauvage. Stabiliser l’assiette du Kasaïen, c’est avant tout rétablir la circulation du sang économique entre les centres de production et de consommation.

On ne peut bâtir une province sur des caisses percées ou, pire, sur une absence totale de vision financière. La faible mobilisation des recettes et l’irrégularité de la rétrocession sont des réalités, certes. Mais elles deviennent des excuses commodes pour masquer l’inefficacité.

“Le Kasaï ne peut plus se payer le luxe d’une complaisance de façade”.Le

Le diagnostic est sans appel :

– Le Ministère des Finances : Un poste qui semble n’exister que sur le papier, incapable d’impulser une politique de mobilisation audacieuse. Son remplacement n’est plus une option politique, c’est une nécessité de survie.

– La DGRKAS : La Direction Générale des Recettes du Kasaï doit cesser d’être une boîte noire. Le renouvellement de son comité de gestion est le préalable indispensable à toute velléité de reconstruction. Sans transparence, il n’y a pas de confiance ; sans confiance, il n’y a pas d’impôt.

Monsieur le Gouverneur, l’heure n’est plus aux équilibres géopolitiques fragiles ou aux alliances de salon. Votre responsabilité est engagée devant l’histoire et devant chaque mère de famille qui peine à nourrir ses enfants. Reprendre l’initiative demande du courage politique, celui de rompre avec les réseaux d’influence pour ne servir que l’intérêt général.

La feuille de route pour un sursaut provincial :

– Réformer l’exécutif : S’entourer de technocrates orientés vers le résultat, et non de politiciens en quête de rente.

– Le choc des infrastructures : Faire de la réouverture des axes vers les territoires une priorité budgétaire absolue.

– Dialogue Social : Lancer des consultations inclusives pour que les forces vives se sentent actrices du changement.

– Rigueur fiscale : Assainir la chaîne de la dépense et maximiser chaque franc collecté.

Le Kasaï possède l’énergie, les ressources et l’intelligence de son peuple. Il ne lui manque qu’un cap. L’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant le pouvoir d’agir, auront choisi de regarder ailleurs. Mais elle saura tresser des couronnes à ceux qui auront eu l’audace de transformer l’urgence sociale en un moteur de développement.

Doly Muntu

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