
Ce que nous vivons aujourd’hui dans la Tshopo n’est pas une simple tension institutionnelle. Ce bras de fer, qui oppose deux grandes institutions provinciales, pilotées par deux jeunes issus de la même famille politique, l’Union sacrée de la Nation, révèle un malaise plus profond. Depuis le démembrement en 2015, la Tshopo traverse crise sur crise, mais celle-ci est d’un autre niveau.
Derrière cette confrontation, il y a des intérêts politiques évidents, des ambitions personnelles mal dissimulées, des influences extérieures et une inquiétante instrumentalisation des institutions. Cette crise ne profite à personne, tout le monde perd. L’Assemblée provinciale est fragilisée. Il en est de même pour le Gouvernement provincial. Quant à la population, elle paie le prix fort de ce désordre devenu institutionnel, dans le silence et l’oubli.
Soyons honnêtes et brisons l’omerta. Cette crise est alimentée depuis Kinshasa qui l’exacerbe . Tant que le pouvoir central continuera d’envoyer des signaux flous dans la gestion de cette crise, rien ne changera. Et pourtant, Kinshasa a tous les leviers pour arrêter l’hémorragie. Malheureusement, depuis un certain temps, Kinshasa apparaît, aux yeux de certains politiciens, comme une assurance politique : un lieu de refuge où l’on va chercher appui politique, se cacher ou fuir ses responsabilités.Certains
Certains y trouvent des protections qui valent, à leurs yeux, bien plus que le travail bien fait sur le terrain. Il faut briser cette logique erronée qui pousse les dirigeants à se croire intouchables, simplement parce qu’ils ont des relais dans la capitale.
La stabilité des institutions, telle que voulue par le Chef de l’État, ne doit pas être un prétexte pour couvrir la mauvaise gouvernance. Elle ne signifie pas qu’on doit fermer les yeux face aux dérives, encore moins imposer des dirigeants déjà désavoués par la population. On ne peut pas demander à une population de regarder le ciel et de dire qu’il est d’une autre couleur que bleue.
Kinshasa a donc toutes les cartes en main pour mettre un terme à la crise institutionnelle qui secoue la Tshopo. Il peut le faire, en arrêtant des impositions de dirigeants déjà désavoués par la population. Il peut le faire en mettant fin au soutien à une gouvernance décriée et aux pratiques de détournement, et surtout, en montrant l’exemplarité dans la mise en œuvre de la vision du Chef de l’État.Il peut le faire en rompant avec la gestion informelle des conflits via des canaux comme Telegram. Il peut le faire en favorisant un dialogue franc et structuré en réunissant les parties autour d’une même table.
Enfin, il peut le faire en garantissant à ces deux institutions, un fonctionnement autonome, sans pressions ni interférences, tout en prêtant une oreille attentive aux attentes légitimes de la population. Tant que Kinshasa continuera à couvrir au lieu de réguler, à imposer au lieu d’écouter, la Tshopo restera bloquée dans une crise sans issue. C’est sa population qui va en pâtir.
Rédaction
