Tshopo|Assemblée Provinciale : Entre l’onction de la justice et le cri du peuple, Mateus Kanga clôt une session de tempêtes et d’espoir.

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Sous les lambris dorés de la salle des plénières de l’organe délibérant de la Tshopo, la session de septembre 2025 s’est achevée dans un souffle mêlant gravité solennelle et urgence démocratique. Entre joutes politiques, ombres judiciaires et cris de détresse sociale, le Président Mateus Kanga Londimo a clos les débats en s’érigeant en sentinelle d’une province à la croisée des chemins.

L’atmosphère de ce jour n’était pas celle des clôtures ordinaires, où la routine administrative l’emporte sur l’émotion. Ce 29 décembre 2025, l’hémicycle de l’Assemblée Provinciale de la Tshopo respirait l’histoire. Devant un parterre de dignitaires où l’on reconnaissait la silhouette du Gouverneur ad intérim, Didier Lomoyo, entouré des ministres, des hauts gradés du comité provincial de sécurité et des représentants feutrés du système des Nations Unies, le temps semblait s’être suspendu.

Avant que le maillet ne résonne pour marquer la fin des travaux, l’honorable Mateus Kanga Londimo a choisi d’élever le débat vers les hauteurs de la métaphysique. « Permettez-moi de rendre grâce à Dieu Tout-Puissant, le Maître des temps et des circonstances », a-t-il lancé, sa voix ricochant sur les parois de la salle.

Dans un pays en pleine mutation, ce recours à la sagesse divine n’était pas une simple figure de style, mais le témoignage d’une humilité face aux tempêtes qui secouent la province.

Ce moment de spiritualité fut suivi d’un silence de plomb, une minute de recueillement déchirante en mémoire du député provincial honoraire, Jean-Pierre Litema. En saluant ce « modèle de loyauté républicaine », le Président a rappelé aux élus que si les hommes passent, leur sens du devoir, lui, doit demeurer une boussole éternelle.

Le bilan de cette session ressemble à une odyssée tumultueuse. En cinq mois, la Tshopo a vécu un séisme parlementaire permanent : quatre pétitions contre le bureau, une motion de défiance contre l’exécutif et des débats fiévreux sur la gestion des projets territoriaux. Loin de s’en alarmer, Kanga Londimo y voit le signe d’une démocratie qui refuse de sombrer dans la léthargie.

« Nous avons examiné les textes sans égard aux affiliations partisanes », a-t-il martelé, rappelant que l’hémicycle n’est pas un club d’amis, mais le tribunal des aspirations populaires.

Le moment le plus électrique de la séance fut sans conteste celui où le Président a affronté ses propres démons ou plutôt ceux que ses détracteurs ont tenté de lui prêter. Accusé de collusion avec l’AFC/M23, Mateus Kanga Londimo a choisi la lumière plutôt que l’esquive. Face au réquisitoire n°3899 du Procureur général, il a transformé son allocution en une leçon de civisme.

D’une voix ferme, il a embrassé la procédure judiciaire non comme un affront, mais comme la preuve que nul, pas même le premier des députés provinciaux, n’est au-dessus de la Loi. « Le temps et la justice rétabliront la vérité », a-t-il affirmé, opposant sa résilience aux vents mauvais de la calomnie.

Mais le style ne saurait masquer la dureté des chiffres. Le constat économique dressé par le Président est, selon ses propres mots, « glaçant ». Avec un taux d’exécution budgétaire n’atteignant pas les 15 % au premier semestre 2025, la province semble naviguer à vue, les voiles déchirées.

L’adoption de l’Édit sur la réglementation des barrières témoigne d’une volonté de briser les chaînes qui entravent la libre circulation des citoyens et de mettre fin aux abus de pouvoir locaux. Le président a brossé un tableau sombre mais lucide de la géographie de la détresse : les violences à Basoko et Isangi, l’agonie de la RN4 et le silence assourdissant des 50 millions promis par Frivao pour la centrale Tshopo 22.

« Soyez des élus de proximité », a-t-il lancé à ses collègues, les renvoyant à leurs vacances parlementaires avec une mission quasi sacerdotale : écouter les pleurs des territoires. Sous une bénédiction finale, et avec une pensée vibrante pour les FARDC qui luttent dans l’Est du pays, Mateus Kanga Londimo a clos la session.

En quittant son perchoir, Mateus Kanga Londimo laisse derrière lui l’image d’un capitaine qui, malgré les vagues judiciaires et les tempêtes politiques, refuse de lâcher la barre. Si 2025 fut l’année des épreuves et des révélations, 2026 se dessine désormais, sous son impulsion, comme le rendez-vous de la dernière chance. Un horizon où la paix, le développement et la justice ne devront plus être des promesses de tribune, mais la chair même d’une Tshopo réinventée ».

Jerry Lombo


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