Egypte : Devant la diaspora, Félix Tshisekedi dévoile le grand chassé-croisé diplomatique entre Luanda, Doha et Washington

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Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a récemment conclu son séjour au Caire, en Égypte, par un échange riche et franc avec la diaspora congolaise. Ce rendez-vous traditionnel, qu’il honore à chaque déplacement, a servi de tribune pour rassurer les compatriotes, mais surtout pour faire le point sur la situation sécuritaire critique dans l’Est du pays et les méandres des processus de paix internationaux.

Dans une ambiance détendue, le Chef de l’État a souligné la raison d’être de ces rencontres : s’assurer que les Congolais, qu’ils soient étudiants, travailleurs, commerçants ou même éléments des forces armées et de sécurité en formation militaire au Caire, vivent « heureux, épanouis et libres ». Cette approche de proximité vise à sonder le moral de la diaspora et à identifier les moyens d’améliorer leurs conditions de vie. Il est à noter que la visite du Président Tshisekedi en Égypte visait, entre autres, à renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre Kinshasa et le Caire, une démarche stratégique dans le contexte de l’agression à l’Est.

La sécurité dans l’Est, confrontée à l’activisme des groupes armés et aux tensions avec le Rwanda, a dominé les échanges. Le Président Tshisekedi a ainsi exposé la feuille de route diplomatique de la RDC, articulée autour de plusieurs initiatives internationales.

Félix Tshisekedi a déploré l’échec de la signature de l’accord de Luanda en décembre 2024, attribué à l’absence de son homologue rwandais, Paul Kagame. Sans mâcher ses mots, il a dénoncé les « intentions belliqueuses et hégémoniques » de Kigali, accusé de vouloir « scinder notre pays et d’occuper, voire d’annexer la partie Est qui est une terre très riche ».

Face à cette impasse, le Président a assuré que la RDC avait intensifié sa diplomatie pour « impulser une dynamique dans la Communauté internationale qui visait à sanctionner le Rwanda ». C’est dans ce contexte de pression que sont nés les processus de Doha et de Washington.

Le Chef de l’État a révélé la nouvelle étape du calendrier diplomatique, impliquant directement le Qatar et les États-Unis :

– Reprise des discussions de Doha : Le processus de Doha, médiatisé par le Qatar, concerne principalement les négociations avec le groupe rebelle AFC/M23 (soutenu par le Rwanda). Ces discussions, qui ont déjà permis la signature d’un mécanisme de cessez-le-feu et d’échange de prisonniers en octobre 2025, devraient reprendre la semaine prochaine (début novembre 2025) pour finaliser un accord de paix global.

– L’Entérinement final à Washington : Une fois l’accord de Doha conclu, l’étape finale se tiendra à Washington. Le Président Tshisekedi a annoncé une convocation par les États-Unis, sous l’égide du Président Donald Trump, pour entériner les accords de Doha et de Washington.

– L’Accord de Washington, signé par la RDC et le Rwanda en juin 2025, est un cadre de paix bilatéral dont les axes principaux comprennent l’intégrité territoriale, la prise en compte des préoccupations sécuritaires et la lutte contre les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda). Il vise à restaurer la confiance et à lever les « mesures défensives » rwandaises.

Si la diplomatie congolaise se félicite d’avoir mobilisé la communauté internationale, l’optimisme reste teinté de prudence. La mise en œuvre concrète des accords de Washington et Doha, notamment la neutralisation des FDLR et le retrait effectif des forces rwandaises et du M23, demeure le principal défi. Pour les Congolais, l’attente est grande : celle de voir ces accords se traduire par une paix durable et le retour des millions de déplacés dans leurs foyers de l’Est.

Doly Muntu


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